QuantiFERON-TB GOLD PLUS indéterminé : quels facteurs prédictifs ? - 08/06/24
, A. Jerbi 1, L. Chtourou 2, H. Hachicha 1, R. Akrout 3, M.W. Ben 1, A.F. Ben 1, N. Tahri 2, H. Masmoudi 1, S. Feki 1Résumé |
Introduction |
L’apport du test QuantiFERON-TB Gold Plus (QFT-PLUS) dans le diagnostic d’infection tuberculeuse latente ou dans les formes extra pulmonaires de la maladie est incontestable. Cependant, l’intérêt de ce test peut être limité par les résultats indéterminés (RI) qui ne fournissent pas d’information fiable sur la probabilité d’une infection par M. tuberculosis.
L’objectif de notre étude était d’analyser, selon notre expérience, les facteurs cliniques et biologiques impliqués dans les RI obtenus par le test QFT-PLUS.
Patients et méthodes |
Nous avons mené une étude observationnelle sur 7ans (2018–2024) dans laquelle nous avons inclus tous les patients reçus dans notre laboratoire d’Immunologie pour la réalisation d’un test QFT-PLUS (Qiagen®, Germany). Les données cliniques et biologiques ont été étudiés pour chaque patient. Les paramètres biologiques : lymphocytes, ratio neutrophiles/lymphocytes (NLR), ratio plaquettes sur lymphocytes (PLR) ont été déterminés et/ou calculés à partir de la numération formule sanguine réalisée de façon concomitante aux tests QFT.
Résultats |
Au total, nous avons inclus 387 patients (âge moyen : 44,77ans±16,74 ; sex-ratio H/F : 0,88). Le motif des demandes était le dépistage d’une l’infection tuberculeuse latente (ITL) dans le cadre dans 2/3 des cas et la recherche d’une tuberculose maladie extra pulmonaire dans 1/3 des cas.
Le dépistage d’une ITL a été indiqué dans le contexte d’un bilan pré-thérapeutique (avant biothérapie) chez des patients atteints de des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) (n=192, 50 %), de polyarthrite rhumatoïde (PR) (n=93, 24 %), de spondylarthrite ankylosante (SPA) (n=65, 17 %) ou de sclérose en plaque (SEP) (n=21, 6 %). Les résultats QFT-Plus étaient négatifs dans 306 cas (79 %), positifs dans 30 cas (8 %) et indéterminés dans 51 cas (13 %). Le RI était en rapport le plus souvent avec une faible réponse du mitogène (50/51 cas, 98 %) ou plus rarement avec une production d’IFN-γ dans le tube nul. Dix-sept patients (33 %) avec des RI, étaient sous traitements immunosuppresseurs (IS) et/ou corticoïdes. Environ le ¼ des RI ont été observés chez patients d’âges extrêmes (≤18ans ou ≥60ans).
Les RI étaient observés chez 19/51 (37 %) des patients avec MICI, 12/51(23 %) des cas de PR et 4/51 (9 %) des cas de SPA. La valeur moyenne de lymphocytes était significativement plus basse chez les patients avec un RI (p=0,024). Une lymphopénie (<1000/uL) était significativement associée au RI avec un Odds ratio [OR] de 2,5 (IC95 %=1,02–6,16 ; p=0,044). Les ratios NLR et PLR étaient significativement plus élevés en cas de RI (p=0,003).
Les aires sous les courbes ROC des taux des lymphocytes, NLR et PLR étaient : AUC 0,38 ; IC95 % : 0,28–0,47 ; (p=0,017), AUC 0,64 ; IC95 % : 0,55–0,73 (p=0,003) et AUC 0,65 ; IC95 % : 0,56–0,73 (p=0,002) respectivement. La valeur seuil du NLR pour prédire un RI était de 2,5 avec une sensibilité de 70 % et une spécificité de 51 %. Pour le PLR, la valeur seuil était de 153,61 avec une sensibilité de 78 % et une spécificité de 54 %.
Discussion |
Nos résultats confirment l’association entre la prise de traitement IS et la lymphopénie avec les RI [1]. L’association d’un NLR élevé avec les RI pourrait être expliquée par la baisse du taux des lymphocytes et par l’émergence de sous-populations de neutrophiles capables d’inhiber les réponses des lymphocytes T dans le contexte de l’inflammation aiguë [2]. Concernant l’association d’un PLR élevé avec les RI, ceci pourrait être expliqué par la capacité des plaquettes à diminuer la prolifération des lymphocytes T et la production d’IFN-γ [3].
Conclusion |
Nos résultats montrent que les RI étaient le plus souvent en rapport avec une faible réponse des lymphocytes au mitogène résultant d’une lymphopénie ou un traitement IS et/ou corticoïdes. Le NLR et le PLR semblent être pratiques et utiles permettant une sélection préliminaire des patients afin de réduire les RI.
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Vol 45 - N° S1
P. A150-A151 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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