Encéphalite limbique auto-immune ou encéphalopathie d’Hashimoto : un diagnostic pas toujours évident - 08/06/24
, B. Ahlem 2, S. Boughandjioua 3, H. Chemmi 4, D. Samia 2, N. Boukhris 3Résumé |
Introduction |
Les encéphalites limbiques auto-immunes sont un groupe hétérogène de pathologies neuropsychiatriques rares, associées à des anticorps antineuroneux et touchant le grand lobe limbique.
De présentation variée, les étiologies sont multiples et les diagnostiques différentiels complexes, parmi eux notons l’encéphalopathie d’Hashimoto.
Nous rapportons dans cette observation le cas d’une patiente ayant présenté des troubles cognitifs et des crises épileptiques d’installation aiguë, chez qui la distinction entre les deux pathologies n’a pas été aisée.
Observation |
Femme âgée de 38 ans, aux antécédents familiaux de lupus érythémateux systémique et de polyarthrite rhumatoïde, était initialement hospitalisée en réanimation pour l’apparition soudaine de troubles mnésiques antérogrades, désordres cognitifs et crises convulsives partielles, motivant l’instauration d’un traitement probabiliste associant et antibiothérapie et aciclovir, cependant devant la non-amélioration une corticothérapie a été instaurée puis la patiente fut orientée en médecine interne.
En dehors des manifestations neurologiques, l’examen clinique de la patiente ne notait aucune anomalie particulière, le bilan biologique retrouvait un syndrome inflammatoire modéré avec à l’étude du LCR une protéinorachie à 0,40g/L.
L’enquête infectieuse était négative, le bilan d’auto-immunité ainsi que les anticorps antineuronaux (Ac anti-recepteur NMDA ; anti-YO ; anti-Hu ; anti-Ri ; anti-amphiphysine ; anti-Ma2 ; anti-CV2 ; anti-VGKC) étaient négatifs.
La TSH était normal, cependant les Ac anti-TPO étaient>1000, anti-TG : 1791UI/L avec un aspect de thyroïde remanié à l’échographie, hypercaptante à la scintigraphie.
À L’IRM on retrouvait des hypersignaux de la région temporale et des hippocampes évoquant une encéphalite limbique auto-immune.
La patiente fut mise sous corticothérapie 1mg/kg avec une bonne évolution.
Conclusion |
Les encéphalites auto-immunes sont des pathologies de diagnostic difficile, elles peuvent être séronégatives (40 % des cas), l’encéphalopathie d’ Hashimoto représente l’un des diagnostics différentiels de cette affection, pouvant survenir chez des patients en eu thyroïde, l’imagerie est habituellement normale, l’atteinte hippocampique est rare rendant la distinction entre les deux entités ardu, ce qui fut le cas de notre patiente.
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Vol 45 - N° S1
P. A252-A253 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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