Programme OPTIMEDOC : évaluation de l’adhésion des médecins gériatres et généralistes aux recommandations pharmaceutiques. Retour d’expérience d’un centre hospitalier - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La polypathologie touche 70 % des personnes âgées de 65 ans et plus, augmentant considérablement le risque de complications graves. Associée à la polypathologie, la polypharmacie accroît le risque d’interactions médicamenteuses, d’effets indésirables, d’hospitalisations, de chutes, de détérioration de la qualité de vie et de décès. Face à ces enjeux, notre centre hospitalier a répondu à l’appel du projet « OPTIMEDOC » de l’OMEDIT et de l’ARS Normandie. Ce projet se concentre sur l’optimisation des prescriptions médicamenteuses chez les personnes âgées et vise à renforcer les pratiques professionnelles communes entre la ville et l’hôpital.
Objectifs |
Cette étude a pour objectif d’évaluer l’adhésion des médecins gériatres et hospitaliers aux interventions pharmaceutiques une fois les patients inclus dans le programme OPTIMEDOC.
Méthode |
Une étude rétrospective monocentrique d’une durée d’un an a inclus des patients âgés de 65 ans et plus, polypathologiques et/ou polymédiqués (n≥5), dans le programme OPTIMEDOC. Les données anthropomorphiques et gériatriques ont été extraites des comptes rendus d’hospitalisation, tandis que les données pharmaceutiques ont été obtenues à partir des bilans de médication. L’acceptation des interventions par les médecins gériatres et les médecins généralistes a été quantifiée, et les données ont été analysées à l’aide du logiciel Rstudio Team®.
Résultats |
Au total, 54 patients ont été inclus (30 en hôpitaux de jour et 24 en hospitalisation), avec un âge moyen de 83,4 ans. Le nombre moyen d’interventions pharmaceutiques était de 4,4 par patient, avec une différence significative entre les groupes (groupe hôpitaux de jour 3,7 versus groupe hospitalisation 5,6, p=0,04). Le taux moyen d’acceptation par les gériatres était de 96,9 %, sans différence significative entre les deux groupes (p=0,11). Les médecins généralistes ont montré un taux moyen d’acceptation significativement plus élevé dans le groupe hospitalisation (98,7 %) que dans le groupe hôpitaux de jour (78,1 %, p=0,001).
Discussion/Conclusion |
Les résultats positifs de cette collaboration entre le pharmacien clinicien, les gériatres et les médecins généralistes encouragent d’autres centres hospitaliers, médecins généralistes et pharmacies de ville à adopter ce type de dispositif. L’optimisation des prescriptions médicamenteuses chez les personnes âgées représente une étape cruciale pour améliorer la qualité des soins et réduire les risques associés à la polypathologie et à la polypharmacie. La mise en œuvre généralisée de telles initiatives contribuera à une meilleure prise en charge des personnes âgées et à la promotion de pratiques interprofessionnelles harmonisées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Bilan de médication, Gestion du risque, Qualité des soins de santé
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e209 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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