valuation de la prescription de médicaments anticholinergiques chez le sujet age dans les services de chirurgie et d’hospitalisation de courte durée - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La prévalence de la prescription des médicaments inappropriés chez la personne âgée (MPI) est proche de 40 % en France. Parmi ceux-ci, les médicaments anticholinergiques sont largement retrouvés et sont responsables de nombreux effets indésirables. Le cumul des effets de ces molécules est à l’origine d’un potentiel iatrogénique élevé chez le sujet âgé et correspond à la charge anticholinergique.
Objectifs |
En partenariat avec les gériatres, nous avons analysé la prescription de MPI chez les patients de plus de 75 ans à l’entrée d’hospitalisation afin de calculer la charge anticholinergique dans les services de chirurgies et d’hospitalisation de courte durée (UHCD).
Méthode |
Le recueil s’est déroulé pendant un mois. L’analyse de chaque prescription est réalisée à l’aide de l’outil de calcul de charge anticholinergique totale créé par l’OMéDIT Pays de la Loire. Cet outil regroupe deux échelles : la première s’intéresse au coefficient d’imprégnation anticholinergique périphérique (échelle CIA) ; la deuxième permet de connaître l’impact cognitif global des effets indésirables centraux (échelle ACB). Un score d’imprégnation anticholinergique a ainsi été calculé pour chaque patient en prenant compte de tous les médicaments prescrits. Pour les prescriptions à score élevé, une intervention pharmaceutique (IP) était réalisée avec proposition de modification de prescription.
Résultats |
Quatre-vingt prescriptions ont été étudiées. L’âge moyen était de 83±6 ans avec en moyenne 9±4 médicaments prescrits. Le score moyen était de 1,6±1,6 avec une amplitude entre 0 et 10 pour l’échelle CIA et de 1,1±1,3 avec une amplitude de 0 à 6 pour l’échelle ACB. Seul 3,75 % (n=3) des patients avaient une imprégnation anticholinergique considérée comme élevée (≥5) et l’impact cognitif global était considéré comme significatif selon l’échelle ACB (≥4) pour 8,75 % (n=7) des patients. Des alternatives de prescription ont été proposées dans 7 IP et seulement 30 % des IP ont été acceptées et retenues par les médecins du service. Certaines IP n’ont pas pu être réalisées car le patient était sorti.
Discussion/Conclusion |
Peu de patients présentait une charge anticholinergique totale entraînant un sur-risque d’effets indésirables. Cependant, l’outil utilisé pour calculer cette charge ne tient pas compte des posologies et de la durée du traitement qui peuvent influer sur le taux d’imprégnation. La liste des médicaments anticholinergiques est également non exhaustive.
En conclusion, les résultats de cette étude sont meilleurs que ceux attendus. Il faudrait néanmoins réaliser des interventions pharmaceutiques en service de soin pour améliorer leur prise en compte par les médecins et chirurgiens au vu de l’organisation de ces services. Il est important de considérer également les patients avec un score d’imprégnation faible qui sont le plus souvent retrouvés mais non dénué de risque.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anticholinergique, Pharmacie clinique, Sujet âgé
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e228 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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