Syndrome de Cushing exogène secondaire à l’utilisation de dermocorticoïdes dépigmentants - 30/09/24
Résumé |
Introduction |
Les cas cliniques de syndrome de Cushing exogène secondaire à l’utilisation de crème (dermocorticoïde) à visée éclaircissante sont rares dans la littérature.
Cas clinique |
Une patiente de 21 ans, originaire de Guinée, mère d’un enfant de 3 ans, a consulté pour aménorrhée secondaire avec test aux progestatifs négatif. On notait aucun antécédent personnel, une prise de poids facio-tronculaire (+20kg en 2 ans) : 85kg (IMC : 29,4kg/m2) versus 62kg (IMC : 21,5kg/m2), vergetures abdominales hypercataboliques depuis la grossesse et d’aggravation récente, pression artérielle normale. L’interrogatoire rapportait l’utilisation de crèmes dépigmentantes (en provenance d’Afrique). D’un point de vue biologique : kaliémie et glycémie à jeun normales, insuffisance corticotrope profonde : cortisolémie à 08h00 à 4ng/mL avec ACTH en regard à 3pg/mL, et insuffisance gonadotrope partielle : estradiol à 77pg/mL (LH à 0,8UI/L et FSH à 1,2UI/L).
Le diagnostic de syndrome de Cushing exogène secondaire à l’utilisation de produits éclaircissants cosmétiques a été retenu, compliqué d’une insuffisance gonadotrope partielle. Les dermocorticoïdes dépigmentants ont été arrêtés sous couvert d’une supplémentation par hydrocortisone. Trois mois après, l’évolution a été favorable avec amaigrissement de 3kg, régression spectaculaire des vergetures, faciès moins arrondi et retour des cycles menstruels. Néanmoins des séquelles cutanées étaient présentes : peau fine, tendue, hyperesthésique au frottement des vêtements.
Discussion |
Notre observation illustre l’importance de rechercher l’utilisation des crèmes éclaircissantes dans le cadre du bilan étiologique d’un hypercorticisme secondaire chez les patients originaires d’Afrique subsaharienne.
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Vol 85 - N° 5
P. 460-461 - octobre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

