Analyse critique de la composition des cosmétiques français utilisés en dermatologie - 15/11/24
Groupe environnement et dermatologie Envi’Derm
Résumé |
Introduction |
Les cosmétiques en dermatologie comme les émollients, cicatrisants ou lavants sont nombreux et régulièrement associés aux traitements médicamenteux. Leurs ingrédients peuvent parfois présenter des risques pour la santé ou l’environnement, ce à quoi les patients sont sensibles. Les dermatologues doivent également s’impliquer dans cette réflexion. Nous avons réalisé une analyse critique des ingrédients de ces cosmétiques en recherchant les substances préoccupantes pour la santé humaine (SPH), pour l’environnement (SPE), les allergènes et parfums.
Matériel et méthodes |
Nous avons analysé les spécialités commercialisées comme émollients, cicatrisants et lavants par les laboratoires partenaires des derniers congrès de dermatologie et étudié la liste des ingrédients selon la nomenclature internationale (INCI) cités sur les sites des laboratoires du 01/02/2024 au 01/04/2024. Un ingrédient était classé SPH s’il était désigné cancérigène, mutagène, reprotoxique comme décrit par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ou s’il était présent dans la liste européenne des perturbateurs endocriniens (PE) ou dans la liste des substances of very high concern (SVHC) du règlement européen Reach de l’Agence européenne des produits chimiques, SPE s’il était classé dangereux pour l’environnement par l’INRS (règlement CLP), allergène s’il était inscrit sur les batteries standard et ajout du Redival-Gerda ou la liste des 26 allergènes parfumés à déclaration obligatoire. Certains ingrédients emblématiques et très utilisés comme le dioxyde de titane et le phénoxyéthanol font l’objet d’avis contradictoires et ont été inclus par principe de précaution.
Résultats |
Au total, 316 spécialités ont été analysées : 91 lavants (28,8 %), 66 cicatrisants (20,9 %) et 159 émollients (50,3 %). Soixante-sept spécialités contenaient des SPH (21,2 %), 216 des SPE (68,3 %), 34 (10,7 %) des allergènes et 106 (33,5 %) des parfums. 90 spécialités ne contenaient ni SPE/SPH (28,5 %). Quarante-six spécialités ne contenaient ni SPH/SPE, allergène ou parfum (15,1 %). Dix-huit spécialités étaient de format solide, une ne comprenait ni SPH/SPE ni allergène. La moyenne était de 20 ingrédients. Trente-neuf spécialités (26,2 %) de plus de 20 ingrédients ne contenaient ni SPE/SPH contre 66 (39,6 %) en cas de moins de 20 ingrédients.
Discussion |
Il s’agit à notre connaissance de la première étude de ce type sur la composition des cosmétiques. Nous montrons que près des deux tiers des cosmétiques contiennent au moins une SPH/SPE connue. Moins un cosmétique contient d’ingrédients, moins il risque de contenir une SPE/SPH. Le format solide n’empêche pas la présence de SPH/SPE. Il existe un risque faible mais possible d’exposition aux phtalates, dont nombreux sont considérés comme PE, par le biais des parfums. Or un tiers des spécialités contiennent des parfums.
Conclusion |
Il est fréquent de retrouver des ingrédients préoccupants dans la composition des cosmétiques. Le dermatologue doit prendre l’habitude de s’enquérir de leur composition, afin d’avoir une prescription éclairée et avertie pour nos patients.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A107-A108 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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