Hyperplasie lymphoïde réactionnelle (pseudolymphome) secondaire à un détatouage sur l’encre rouge - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
On estime que 25 % de la population de moins de 30ans est tatouée en France, dont 40 % expriment un regret et au moins 10 % d’entre eux envisagent le détatouage. Nous rapportons un cas original de réaction cutanée lors d’un détatouage.
Observations |
Une femme de 50ans souhaitait le détatouage laser de deux tatouages noir et rouge des avant-bras. Ils avaient été réalisés par un tatoueur professionnel il y a 8ans et étaient bien conservés. Les séances étaient réalisées avec un laser picoseconde, avec comme paramètres pour le noir 1064/1,4J/cm2 et pour le rouge 532/2,2J/cm2, et espacées toutes les 6 semaines.
Une semaine après la 3e séance, la patiente a développé, après la réaction inflammatoire classique, une infiltration nodulaire douloureuse et très prurigineuse exclusivement en regard du rouge des deux tatouages.
L’aspect clinique granulomateux faisait suspecter une sarcoïdose, que le bilan paraclinique (TDM thoracique, EFR avec DLCO, dosage de l’ECA, biopsie cutanée) a écarté. L’examen histologique trouvait un infiltrat inflammatoire polymorphe dense d’aspect pseudo-lymphomateux. Le derme sur toute sa hauteur était le siège d’un infiltrat inflammatoire polymorphe dense regroupé volontiers en amas autour de vaisseaux et de structures annexielles. Il était composé majoritairement de lymphocytes T non atypiques (CD3+, CD5+, CD7+, avec un ratio CD4/CD8 conservé), de quelques lymphocytes B, quelques éléments CD30+, des histiocytes comportant des fragments de pigments de couleur rouge ainsi que de rares polynucléaires éosinophiles.
La confrontation anatomo-clinique a abouti au diagnostic d’hyperplasie lymphoïde réactionnelle (HLR) ou pseudolymphome. L’application d’un dermocorticoïde très fort (propionate de clobétasol) quotidiennement pendant 2 mois était inefficace. L’application de bétaméthasone valérate en emplâtre pendant 3 mois permettait une diminution de l’infiltration, de l’érythème tandis que l’encre rouge avait presque disparu.
Discussion |
Les HLR représentent un groupe de processus lymphoprolifératifs T ou B bénins simulant un lymphome cutané à la fois cliniquement et histologiquement. Plusieurs cas ont été décrits sur des tatouages principalement à l’encre rouge.
Les réactions secondaires au détatouage sont très rares : hypersensibilité, allergie voire anaphylaxie ont été décrites mais jamais d’HLR. L’hypothèse est que l’exposition du pigment rouge lors de sa fragmentation suite au laser génère de néo-antigènes cibles d’une réaction immuno-allergique.
Conclusion |
Nous rapportons le premier cas d’hyperplasie lymphoïde réactionnelle à un détatouage, localisé sur l’encre rouge.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A214 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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