Un cas de pseudo-sarcome de Kaposi chez un patient amputé du membre inférieur - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
L’acroangiodermatite ou pseudo-sarcome de Kaposi est une entité angioproliférative bénigne rare qui peut être congénitale due à une malformation vasculaire ou acquise secondaire à une insuffisance veineuse. Elle touche essentiellement les membres inférieurs mimant sur le plan clinique une maladie de Kaposi. De rares cas d’acroangiodermatite ont été décrits chez des personnes amputées. Nous rapportons l’observation d’une forme inhabituelle sur moignon d’amputation liée à une prothèse à emboîtement par aspiration mal adaptée.
Observation |
Un homme âgé de 63 ans diabétique de type 2 mal équilibré et amputé sous le genou du membre inférieur droit consultait pour une lésion cutanée récidivante sur le moignon d’amputation. Il utilisait depuis deux ans une prothèse de membre à emboîtement par aspiration. L’examen physique révélait une plaque érythémateuse, purpurique, recouverte de lésions papuleuses surélevées hyperkératosiques brunâtres à la surface de la plaque. Le reste de l’examen dermatologique et physique était normal. L’écho-Doppler des membres inférieurs était sans anomalies. L’examen histologique trouvait un revêtement épidermique modérément acanthosique avec une couche cornée orthokératosique. Au niveau interstitiel, on observait quelques érythrocytes extravasés et des dépôts d’hémosidérine. Les vaisseaux étaient à paroi fine, ectasiques par endroit CD31 positifs, avec absence de marquage HHV-8 en immunohistochimie. Le diagnostic d’acroangiodermatite sur hyperplasie épidermique était retenu. Une régression des lésions a été observée 4 mois après utilisation d’une prothèse conventionnelle sans emboîtement.
Discussion |
Les moignons d’amputation peuvent être affectés par de nombreux problèmes dermatologiques liés à l’utilisation de prothèses. En effet, les prothèses à emboîtement par aspiration produisent, par l’intermédiaire d’un système de valve, une pression négative qui peut induire une stase veineuse superficielle dans les vaisseaux cutanés, puis un œdème chronique pouvant conduire à terme à une prolifération verruqueuse. On pense également que la stase veineuse et les changements de pression fournissent une stimulation angiogénique et induisent une prolifération angiomateuse réactionnelle pouvant conduire à une acroangiodermatite. Notre observation est particulière par la présence simultanée de ces deux types de lésions sur moignon d’amputation. Cette combinaison n’a été décrite qu’une seule fois dans la littérature. Elle peut être ajoutée à la liste des lésions cutanées associées aux prothèses à ventouse.
Conclusion |
L’efficacité des traitements de l’acroangiodermatite sur moignon d’amputation est variable, mais généralement insatisfaisante. La modification de la prothèse pour améliorer l’ajustement de celle-ci est considérée comme l’approche de première intention.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A257 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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