Évolution des kératoconjonctivites atopiques chez des patients atteints de dermatite atopique sévère à modérée sous inhibiteurs de Janus kinase - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
La dermatite atopique (DA) peut se compliquer de kératoconjonctivite atopique (KCA) associée à une morbidité oculaire sévère due à l’inflammation chronique de la surface oculaire et des effets secondaires des corticoïdes locaux (CL) en collyre. Les biothérapies (dupilumab et tralokinumab) sont efficaces dans les DA modérées à sévères mais peuvent provoquer des effets indésirables oculaires (EIO). Les inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) sont de nouvelles molécules semblant être utiles en cas d’EIO. Il existe actuellement peu de données sur l’évolution de l’atteinte ophtalmologique après initiation des JAKi. Le but de cette série de cas a été d’évaluer l’efficacité et la sûreté d’un traitement par JAKi dans la prise en charge des KCA associées ou non à un effet indésirable du dupilumab ou du tralokinumab.
Matériel et méthodes |
Étude monocentrique rétrospective présentant les patients suivis en ophtalmologie et dermatologie pour KCA et traités par JAKi au moment de leur introduction (M0) et 4 à 6 mois plus tard (M4/6). Évolution ophtalmologique évaluée par réalisation d’un score objectif de gravité de KCA de 0 à 4 regroupant l’intensité et la fréquence de la gêne, l’atteinte palpébrale, conjonctivale et cornéenne. Amélioration fonctionnelle ressentie entre M0 et M4/6 mesurée sur une échelle de 0 à 3.
Résultats |
Sept patients avaient un suivi à M4/6 ; 5/7 patients (4 H/3 F d’âge moyen 33 ans, min 13 et max 60) ont reçu du l’upadacitinib et 2/7 ont reçu du baricitinib. Le SCORAD à M0 était en moyenne à 63 (min 44 et max 90) et 63 % des patients avaient une atteinte palpébrale de leur DA. Les traitements antérieurs étaient : dupilumab (n=4), tralokinumab (n=1), dupilumab et tralokinumab (n=1), aucune biothérapie (n=1). Parmi les patients ayant bénéficié de biothérapies, 4/6 ont été suspendues pour aggravation oculaire et 1/6 pour hyperéosinophilie persistante (HEP) sous dupilumab.
À M0, le score KCA était≥3 chez 3/5 ; le patient naïf de biothérapie était au stade 4, et la patiente relayée pour HEP était au stade 2. À M4/6, tous les patients (7/7) étaient au stade 1. L’amélioration fonctionnelle ressentie était importante chez 5/7 patients (score entre 1 et 2), et maximale chez 2/7 patients (score 3). Aucun patient ne recevait de CL à M4/6.
Concernant la DA, le SCORAD à M4/6 était en moyenne à 18 (min 0 et max 39) et aucun évènement indésirable n’a été rapporté.
Discussion |
Cette évaluation clinique ophtalmologique semble confirmer l’intérêt des JAKi en relais des biothérapies en cas d’EIO induit ou d’aggravation d’une KCA. L’amélioration importante des scores d’atteintes objectives et fonctionnelles suggère l’utilité des JAKi chez les patients présentant une atteinte oculaire sévère associée à la DA non contrôlée ou corticodépendante. L’introduction précoce de JAKi serait intéressante pour limiter les complications des KCA et la pression thérapeutique locale.
Conclusion |
Les JAKi pourraient être efficaces sur l’atteinte ophtalmologique à type de KCA à la fois sur le plan lésionnel et fonctionnel. Le développement de forme oculaire pommade ou collyre pourrait présenter un intérêt dans la prise charge des comorbidités ophtalmologiques de la DA.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A262 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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