Évolution de la prise en charge dermatologique dans un département français de 2013 à 2023 - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
La difficulté de l’accès aux dermatologues est quotidiennement rapportée par la population française et par nos confrères non-dermatologues. Pour le dermatologue, elle se perçoit par des incessantes sollicitations de rendez-vous. Pour les autorités sanitaires, elle se mesure en densité moyenne de spécialités en dermatologie par habitant. Enfin, des plateformes de prise de rendez-vous médicaux en ligne partagent depuis peu les données concernant les délais moyens de prise de rendez-vous, ce qui a été rapporté comme un indice précis et moderne de l’accès à un rendez-vous dermatologique. In fine, c’est la quantité d’actes de dermatologie remboursés qui est la donnée brute la plus proche de notre réalité de soins dermatologiques effectués.
Matériel et méthodes |
Nous avons sollicité la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du département de notre groupement hospitalier de territoire pour récolter et nous transmettre les données concernant la prise en charge dermatologique de notre département. Les données des années 2013 à 2023 ont pu être colligées. Nous avons enregistré le nombres d’actes, le nombre de bénéficiaires de l’assurance maladie (BAS), le nombre de dermatologues ; nous avons réalisé un calcul de ratio BAS/dermatologues et le nombre de prestations par BAS.
Résultats |
Les résultats et le nombre de bénéficiaires sont répertoriés.
Discussion |
La baisse de l’activité dermatologique, prise en charge par notre CPAM, entre 2013 et 2023 est majeure en actes et en BAS (42 % et 44 %) et elle est non strictement corrélée à la baisse de dermatologues enregistrés à l’URSSAFF –44 versus –23 %.
La diminution du nombre de BAS par dermatologue (–28 %) est multifactorielle, probablement liée à l’augmentation de l’activité dermatologique à temps partiel, aux arrêts de travail et à l’activité hors nomenclature. Cependant, nous ne sommes pas en mesure de préciser l’impact de l’activité esthétique au sein de l’activité clinique. À noter que le nombre d’actes par BAS a augmenté de 4,9 %, même si cette variation est minime.
La file active pour l’année 2023 des BAS, du département analysé, prise en charge par l’équipe dermatologique du CHU du GHT correspondait à 20 % de la file active BAS ayant eu accès à un dermatologue.
Conclusion |
La densité en dermatologues de notre département, 3,5 contre 4.4/100 000 habitants pour la moyenne française, ne peut par elle seule expliquer ces chiffres qui sont très probablement extrapolables à de nombreux autres départements. Une réflexion sur l’accès aux soins dermatologiques si elle est considérée par tous comme indispensable se doit d’être basée sur des chiffres plus fiables que la densité dermatologique ou un délai d’accès via une plateforme numérique.
Par ailleurs, à l’instar du PMSI, des critères de sévérité de prise en charge devraient être envisagés pour adapter l’offre de soins aux besoins de la population. À la constatation de ces chiffres et de la dégradation de l’indice de Breslow des mélanomes pris en charge dans le CHU de notre GHT depuis ces 20 dernières année il a été décidé compte tenu des moyens humains disponibles dans un premier temps de mettre en place une consultation dédiée aux urgences et états dermatologique décompensés.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 4 - N° 8S1
P. A275 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
