Balanite à Streptococcus agalactiae secondaire à un traitement par inhibiteur de SGLT2 : description d’une première série de 4 cas - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
Les inhibiteurs du cotransporteur sodium/glucose de type 2 (iSGLT2) sont indiqués dans le diabète de type 2 (DT2) et l’insuffisance cardiaque (IC). Un effet indésirable courant est la balanite chronique, souvent décrite comme candidosique. Nous présentons quatre cas de balanites chroniques à Streptococcus agalactiae (SA) (streptocoque du groupe B) sous iSGLT2.
Observations |
Cas 1 : un patient de 83 ans avec un DT2 sous dapagliflozine depuis 1 an présentait une posthite érythémateuse et fissuraire, ainsi qu’un phimosis complet. Les antifongiques topiques échouant, des prélèvements ont révélé la présence de SA, sans mycose. Le traitement par amoxicilline 3g/jour pendant 5jours et mupirocine pommade 2 fois/jour pendant 7jours a été favorable.
Cas 2 : un patient de 70 ans avec un DT2 sous dapagliflozine depuis 4 mois présentait une balanite érythémateuse et fissuraire, associée à un phimosis partiel. Les prélèvements microbiologiques ont montré la présence de SA sans candidose. La balanite a régressé sous amoxicilline 3g/jour pendant 5jours.
Cas 3 : un patient de 56 ans avec une IC sous dapagliflozine depuis 8 mois présentait une balanoposthite érythémato-squameuse persistante malgré les antifongiques locaux. Les prélèvements ont révélé la présence de SA sans Candida spp. Le traitement par mupirocine pommade 2 fois/jour pendant 7jours a conduit à une amélioration.
Cas 4 : un patient de 79 ans avec un DT2 sous dapagliflozine depuis plusieurs mois présentait une balanoposthite érythémateuse associée à un phimosis fissuraire partiel. Après échec du traitement par clobetasol crème, les prélèvements ont montré la présence de SA sans mycose. Le traitement par mupirocine pommade 2 fois/jour pendant 7jours a permis une amélioration.
Discussion |
Chez les patients diabétiques, les iSGLT2 sont connus pour être responsables de balanites chroniques, généralement attribuées à Candida, probablement en raison de la prévalence de cette infection chez les diabétiques. Nous présentons pour la première fois des cas de balanites à SA sous iSGLT2, suggérant que d’autres pathogènes peuvent être responsables. La présence de SA dans les prélèvements, la négativité des tests mycologiques et l’amélioration sous antibiotiques confirment le rôle pathogène du SA. La présence d’un patient non diabétique dans notre série suggère que la dapagliflozine constitue un facteur de risque de balanite infectieuse indépendamment d’un diabète sous-jacent.
Conclusion |
Nous rapportons une première série de cas de balanites à SA sous iSGLT2 sans candidose associée, soulignant l’importance de réaliser des examens bactériologiques en plus des examens mycologiques en cas de balanite sous iSGLT2.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A301-A302 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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