Nébulisation et risque de dissémination virale - 06/03/25
Résumé |
Introduction |
La nébulisation est largement utilisée chez les patients atteints d’infections respiratoires. Pendant la pandémie de COVID-19, cette pratique a été classée comme procédure génératrice d’aérosol, supposées augmenter le risque de transmission virale [1, 2, 3]. Cependant, les preuves du risque de dissémination virale par nébulisation restent limitées [5, 4]. Cette étude a pour objectif d’évaluer si la nébulisation chez des patients porteurs d’un virus respiratoire entraîne un risque de dispersion virale.
Matériel et méthodes |
Trente patients hospitalisés, avec un test RT-PCR positif au SARS-CoV-2 ou à l’influenza A ont été inclus dans cette étude. Chaque patient a reçu une nébulisation à l’aide d’un nébuliseur à air comprimé, et un prélèvement de l’aérosol de particules émis dans l’environnement pendant la procédure a été réalisé. L’aérosol a été collecté à l’aide d’un BioSampler® (SKC 20-ml) contenant 20mL de solution saline tamponnée au phosphate enrichie à 0,5 % d’albumine de sérum bovin. Un échantillon de la dose résiduelle de médicament dans la cuve du nébuliseur a également été prélevé. Chaque échantillon a ensuite été analysé par RT-PCR pour détecter la présence d’ARN viral.
Résultats |
Parmi les dix patients hospitalisés pour COVID-19, deux prélèvements d’aérosols libérés dans l’environnement ont montré la présence d’ARN de SARS-CoV-2. Sur les vingt patients hospitalisés pour la grippe, deux prélèvements d’aérosols libérés dans l’environnement ont révélé la présence d’ARN d’Influenza. Parmi les trente sujets inclus, aucun des prélèvements effectués sur le volume résiduel de médicament n’a révélé la présence d’ARN viral.
Discussion/Conclusion |
Notre étude démontre que l’aérosol de particules libéré lors de la nébulisation peut être contaminé par des virus respiratoires. L’absence de contamination de la dose résiduelle dans la cuve du nébuliseur suggère que c’est le bioaérosol expiré par le patient qui est à l’origine de la contamination de l’aérosol environnemental. Le faible échantillon de cette étude ne permet pas de faire de corrélation avec des caractéristiques spécifiques des patients permettant de déterminer quels sont les patients ou les phases de la maladie les plus à risques. Ces résultats soulignent l’importance d’éditer des recommandations concernant l’utilisation d’équipements de protection individuelle lors des séances de nébulisation, notamment pour les kinésithérapeutes et les autres professionnels de santé impliqués.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Contamination, COVID-19, Grippe, Nébulisation
Plan
Vol 25 - N° 279
P. 27 - mars 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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