Impact des violences sexuelles (VS) en République Démocratique du Congo (RDC) sur la fonction sexuelle des survivantes : résultats préliminaires d’une étude de cohorte rétrospective - 06/03/25

Résumé |
Introduction |
L’OMS considère que 30 % des femmes au niveau mondial ont ou auront été victimes de VS au moins une fois dans leur vie. Ce pourcentage augmente dans les pays en voie de développement et dans les zones de conflits avec l’utilisation de la VS comme arme de guerre. De nombreux pays sont concernés par ce phénomène comme la région du Kivu, dans l’Est de la RDC où presque 40 % de la population féminine a été victime de ce type de VS [1]. Ces VS vont entraîner des conséquences sur la santé des survivantes particulièrement au niveau pelvien [2, 3, 4]. Cependant aucune étude n’a utilisé de questionnaires validés pour évaluer ces conséquences notamment sur la fonction sexuelle. Ce manque de données est problématique dans la mise en place de traitement de rééducation adapté dans les centres de prise en charge des survivantes au Kivu.
Matériel et méthodes |
Le protocole de recherche d’une étude de cohorte rétrospective a été élaboré avec une taille d’échantillon de 310 femmes, recrutées dans les villes de Goma et Bukavu et réparties en deux groupes : un groupe de survivantes de VS et un groupe contrôle. Les critères d’inclusion utilisés étaient : avoir plus de 18 ans, vivre en RDC, parler français ou pouvant être traduite, être survivante de VS. Les critères d’exclusion retenus étaient la grossesse et le post partum précoce. En plus d’un questionnaire relevant les données socio-démographiques et les informations sur la VS, la fonction sexuelle a été évaluée via le questionnaire FSFI, validé en français [5].
Résultats |
Actuellement, le projet est en fin de phase de recrutement et les résultats préliminaires sont en cours d’analyse. D’octobre 2022 à mai 2023, 259 sujets ont été recrutés. La plupart des agressions sexuelles relevées avait été commises par des groupes armés (47,8 %). Il y avait une différence significative entre les deux groupes pour 4 des sous-scores du FSFI : excitation sexuelle, lubrification, orgasme et la douleur. Le score FSFI total était également significativement différent entre les deux groupes avec un score plus faible pour le groupe SV.
Discussion/Conclusion |
Le projet est soutenu par les acteurs régionaux ou les données cliniques permettront aux hôpitaux de références d’établir des protocoles de rééducation en concordance avec le terrain. Au niveau international, ces données permettront une meilleure prise en charge des survivantes migrantes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Fonction sexuelle, Violence sexuelle
Plan
Vol 25 - N° 279
P. 98-99 - mars 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
