Évolution des kératoconjonctivites atopiques chez des patients atteints de dermatite atopique sévère à modérée sous inhibiteurs de Janus kinase - 24/03/25
Résumé |
Prérequis/contexte |
La dermatite atopique (DA) peut se compliquer de kératoconjonctivite atopique (KCA), associée à une morbidité oculaire sévère. Les biothérapies (BT) sont efficaces dans les DA modérées à sévères mais peuvent provoquer des effets indésirables oculaires (EIO). Les inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) sont de nouvelles molécules semblant être utiles en cas d’EIO, avec peu de données disponibles actuellement.
Objectifs |
Évaluer l’efficacité oculaire des JAKi chez des patients atteints de DA sévère à modérée compliquée de KCA.
Méthodes |
Étude monocentrique rétrospective de patients suivis en ophtalmologie et dermatologie pour KCA et traités par JAKi au moment de leur initiation (M0) et 4 à 6 mois plus tard (M4/6). Utilisation d’un score objectif de gravité de KCA de 0 à 4 concernant l’intensité et la fréquence de la gêne, l’atteinte palpébrale, conjonctivale et cornéenne à M0 et M4/6. Amélioration fonctionnelle mesurée sur une échelle de 0 à 3 à M4/6.
Résultats/discussions |
Seize patients avaient un suivi à M4/6 (11H/5F d’âge moyen 33 ans), 11 d’entre eux ont reçu de l’upadacitinib, 3 du baricitinib et 2 de l’abrocitinib. Treize patients ont reçu des BT antérieures : dupilumab (n=9), tralokinumab (n=2), les deux (n=2). Pour ces 13 patients, 12 ont vu leur BT suspendue pour EIO, et 1 pour hyperéosinophilie persistante (HEP). Onze d’entre eux avaient un score KCA ≥ 2 sous BT. Trois patients étaient naïfs de BT. A M0, 7 des 16 patients présentaient un score KCA ≥ 2, un patient naïf de BT avait un stade 4, et la patiente relayée pour HEP avait un stade 2. A M4/6, tous les patients présentaient un stade 1. L’amélioration fonctionnelle ressentie était importante chez 9 patients (score 2), et maximale chez 7 (score 3). Aucun patient n’était sous corticoïdes collyres à M4/6, et les autres thérapeutiques étaient diminuées. Aucun évènement indésirable n’a été rapporté.
Conclusion |
Cette étude semble confirmer que les JAKi pourraient être efficaces afin de traiter les KCA de manière fonctionnelle et lésionnelle, en relais des BT ou non. Leur usage pourrait limiter les complications oculaires et la pression thérapeutique locale. Des formes galéniques spécifiques, comme des pommades ou des collyres, seraient intéressantes à développer.
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Vol 65 - N° S
Article 104315- avril 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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