Gestion d’une grossesse sous Imatinib à propos d’un cas - 17/05/25
Résumé |
Introduction |
Depuis leur utilisation aux années 2000, les inhibiteurs de tyrosine kinase ont révolutionné la prise en charge thérapeutique de la leucémie myéloïde chronique, ils représentent ainsi le traitement de choix de cette hémopathie maligne qui est ainsi transformée d’une maladie mortelle à une maladie chronique. À l’ère des ITK, la grossesse est désormais envisageable chez des patientes diagnostiquées de LMC. Nous rapportons l’observation d’une patiente ayant mené sa grossesse sous Imatinib.
Observation |
Patiente de 34 ans G2P1 sans ATCD pathologique notable, enceinte de 30 SA admise pour suspicion d’une LMC suite à la découverte fortuite d’une hyperleucocytose à 202G/mm sur le bilan de suivi de sa grossesse, le frottis du sang périphérique avait montré une myélémie sans identification de blastes, le bilan a été complété par le myélogramme qui a objectivé des blastes à 06 % éliminant ainsi une leucémie aiguë. La recherche du transcrit de fusion BCR-ABL est revenue positive confirmant le diagnostic de LMC. Après le refus de l’interruption de la grossesse, la mise en place d’un traitement par imatinib 400mg/j a été décidée à défaut de l’interféron alpha après concertation et consentement de la patiente avec surveillance hématologique et obstétricale étroite. La grossesse a été menée à terme donnant naissance à une fille en bonne santé et ayant une croissance normale avec un recul de 6 ans. Quant à la patiente, le traitement a abouti à une rémission hématologique et moléculaire.
Discussion |
La LMC représente environ 10 % des cas de leucémies associées à la grossesse, les options thérapeutiques disponibles de la LMC au cours de la grossesse sont l’interféron alpha, la leucaphérèse et l’imatinib ; il est recommandé d’éviter le traitement par ITK en cas de grossesse compte tenu de leurs effets tératogènes, en particulier au cours du premier et deuxième trimestres. Si un traitement par ITK devrait être initié, l’imatinib et le nilotinib peuvent être suggérés à partir de la 16ème semaine d’aménorrhée avec une préférence pour l’Imatinib, cependant, la grossesse constitue une contre indication absolue au Dasatinib quel que soit le terme.
Conclusion |
La prise en charge de la LMC chez les femmes enceintes représente un vrai challenge. En l’absence d’essais cliniques testant l’utilisation des ITK au cours de la grossesse, la contre indication de ceux- ci reste la règle ; néanmoins, les données cliniques disponibles actuellement suggèrent que l’utilisation de l’Imatinib au cours du troisième trimestre pourrait être envisageable sans risque.
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Vol 46 - N° S1
P. A287-A288 - juin 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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