Prise en charge multidisciplinaire structurée des maladies à HPV complexes (HPVco) : retour d'expérience - 29/05/25
Résumé |
Introduction |
L'emergence et l'augmentation des cancers HPV induits nous a conduit à la mise en place d'un parcours de soins structuré et multidisciplinaire pour les patients présentant une maladie à HPVco (récidivante, multisite ou sur terrain immunodéprimé) que nous rapportons ici
Matériels et méthodes |
Menée en 2024 (PADS 24-309 CE APHM), cette étude inclut tous les patients adressés dans ce parcours de soin pour un dépistage pluridisciplinaire avec un examen clinique (dermatologique, gynécologique, proctologique, ORL) et des analyses complémentaires (cytologiques, histologiques et virologiques par PCR et séquençage). Les données clinico-épidémiologiques, cytologiques, biologiques et virologiques ont été analysées
Résultats |
Vingt-neuf patients (16 femmes, 13 hommes, âge moyen : 52 ans, min-max : 28-78 ans) ont été inclus, adressés principalement par des ORL (n=12), gynécologues (n=6), proctologues (n=8) et dermatologues (n=2). Quinze présentaient une atteinte multisite (≥2 sites : n=11 ; ≥3 sites : n=4). Une infection par un HPV oncogène était documentée chez 19 patients, majoritairement HPV16 (n=10). Trois patients avaient des co-infections HPV. Concernant les facteurs de risque, 16 patients avaient un schéma vaccinal complet, 7 incomplet, 13 étaient fumeurs actifs et 8 sevrés. Seize patients étaient immunodéprimés (VIH+ : n=8, cancer : n=6, greffe d'organe : n=2). Six présentaient des antécédents familiaux de lesions HPV-induites.
Les explorations ont mis en évidence des lésions cutanées chez 14 patients (3 positifs pour HPV16, 53 ou 11).L'examen gynécologique (n=16) a révélé 7 cytologies normales (dont 2 avec HPV 70 ou 33), 6 lésions de bas (HPV 70 n=2) ou haut grade (dont 3 HPV16+), et 2 carcinomes in situ (HPV16). Ces 8 patientes avaient des antécédents de lésions HPV-induites gynécologiques connus.
L'analyse anale (n=24) a mis en évidence 10 frottis anormaux (6 lésions de bas grade, 3 de haut grade, 1 carcinome HPV16+) dont 7 connus et 2 portage d'HPV oncogenes sans dysplasie. Trois patients ont été dépistés pour une dysplasie anale dans le cadre d'une atteinte ORLcomplexe sans aucun antécédent proctologique.L'examen ORL (n=27) a révélé 15 frottis normaux. HPV6 et HPV11 ont été retrouvés respectivement dans des lésions de bas grade (n=3) ou papillomes (4). Les deux carcinomes oropharyngés étaient HPV16+. Une seule dysplasie de bas grade HPV16+ a été détectée chez un patient greffé d'organe sans antécédent ORL adressé pour atteinte anale et vulvaire.
Les analyses biologiques ont montré une lymphopénie CD4 (n=11), une hypogammaglobulinémie IgA (n=5) et une altération du complément (n=10).
Conclusion |
Cette étude souligne l'intérêt d'un suivi structuré pluridisciplinaire pour les patients avec une maladie HPVco (multisites, récidivantes, immunodéprimés). Il a permis un depistage de 4 dysplasies HPV induites (13%) et une caractérisation moléculaire des infections HPV multisites, chez des patients, qui, sans cette approche holistique n'auraient pas été dépistés.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 4 - N° 2S
P. S39 - juin 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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