Reconstruction des pertes de substance transfixiantes de l’aile du nez : évaluation de l’attitude des chirurgiens reconstructeurs de la face et analyse rétrospective d’une série de 23 cas - 11/07/25
Total nostril wing reconstruction: Attitudes evaluation of reconstructive facial surgeons

, R. Louvel a
, F.M. Leclere c
, F. Chatelet b 
Résumé |
Les pertes de substance (PDS) cutanées nasales, souvent secondaires à des exérèses chirurgicales pour des lésions cancéreuses, traumatiques ou congénitales, représentent un défi majeur en chirurgie reconstructrice. L’objectif de cette étude rétrospective monocentrique était d’évaluer les pratiques chirurgicales et les facteurs influençant le choix entre deux techniques de reconstruction : le lambeau nasogénien (NLF) et le lambeau frontal paramédian plicaturé (PFF) selon la technique de Menick. Entre janvier 2017 et mars 2024, 23 patients présentant des PDS transfixiantes de l’aile narinaire, avec ou sans extension à la pointe nasale, ont été inclus. Les patients ont été répartis en deux groupes : 13 ont bénéficié d’un PFF et 10 d’un NLF. Les données démographiques, les comorbidités, le type histologique (principalement des carcinomes basocellulaires) et les résultats esthétiques et fonctionnels ont été analysés. Les PFF étaient associés à un nombre significativement plus élevé de sous-unités esthétiques reconstruites (2,6±0,8 vs. 1,3±0,4, p<0,001) et à un nombre d’étapes chirurgicales plus important (3,6±1,1 vs. 1,4±0,7, p<0,001). Les patients du groupe PFF étaient principalement motivés par des considérations esthétiques (66 %), tandis que ceux du groupe NLF privilégiaient la rapidité de la procédure (50 %). Un questionnaire anonyme a été distribué à 63 chirurgiens cervico-faciaux pour explorer leurs préférences et les raisons de leurs choix. Le NLF était préféré par 84 % des chirurgiens, principalement en raison de sa simplicité et de sa rapidité, tandis que 49 % optaient pour le PFF, malgré sa complexité et la gêne sociale liée au pédicule avant sevrage. Les principaux freins au PFF étaient le nombre d’étapes chirurgicales (49 %), la gêne sociale (35 %) et la cicatrice de la zone donneuse (29 %). Cependant, les résultats esthétiques du PFF étaient jugés supérieurs, notamment pour les PDS étendues à plus d’une sous-unité esthétique. L’utilisation de photographies pré- et postopératoires pour guider les patients était plus fréquente chez les chirurgiens expérimentés (57 %). En conclusion, bien que le NLF soit plus largement utilisé en raison de sa praticité, le PFF reste la technique de choix pour les PDS complexes, offrant des résultats esthétiques optimaux malgré sa complexité. Une information claire et l’utilisation de supports visuels sont essentielles pour aider les patients dans leur décision.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Cutaneous nasal defects, often resulting from surgical excisions for cancerous, traumatic, or congenital lesions, represent a major challenge in reconstructive surgery. The aim of this single-center retrospective study was to evaluate surgical practices and factors influencing the choice between two reconstruction techniques : the nasolabial flap (NLF) and the folded paramedian forehead flap (PFF) according to Menick's technique. Between January 2017 and March 2024, 23 patients with full-thickness alar defects, with or without extension to the nasal tip, were included. Patients were divided into two groups : 13 underwent PFF and 10 underwent NLF. Demographic data, comorbidities, histological type (primarily basal cell carcinomas), and aesthetic and functional outcomes were analyzed. PFF was associated with a significantly higher number of aesthetic subunits reconstructed (2.6±0.8 vs. 1.3±0.4, P<0.001) and a greater number of surgical stages (3.6±1.1 vs. 1.4±0.7, P<0.001). Patients in the PFF group were primarily motivated by aesthetic considerations (66 %), while those in the NLF group prioritized the speed of the procedure (50%). An anonymous questionnaire was distributed to 63 head and neck surgeons to explore their preferences and reasons for their choices. The NLF was preferred by 84% of surgeons, mainly due to its simplicity and speed, while 49% opted for the PFF, despite its complexity and the social inconvenience caused by the pedicle before division. The main drawbacks of the PFF were the number of surgical stages (49%), social inconvenience (35%), and donor site scarring (29%). However, the aesthetic outcomes of the PFF were considered superior, particularly for defects involving more than one aesthetic subunit. The use of pre- and postoperative photographs to guide patients was more common among experienced surgeons (57%). In conclusion, although the NLF is more widely used due to its practicality, the PFF remains the technique of choice for complex defects, offering optimal aesthetic results despite its complexity. Clear information and the use of visual aids are essential to assist patients in their decision-making process.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Reconstruction nasale, Lambeau nasogénien, Lambeau frontal paramédian
Keywords : Nasal reconstruction, Nasolabial flap, Paramedian forehead flap
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