Précision diagnostique de la dermoscopie dans le psoriasis unguéal : étude cas-témoins comparative avec l’onychomycose - 12/11/25
Résumé |
Introduction |
Le diagnostic de psoriasis unguéal (PU) reste complexe, notamment en cas d’atteinte isolée. Si la biopsie unguéale constitue le gold standard, sa sensibilité reste faible (∼50 %). La dermoscopie pourrait améliorer l’identification non invasive de signes spécifiques. Cette étude vise à évaluer la précision diagnostique de la dermoscopie dans le PU, en comparaison avec l’onychomycose.
Matériel et méthodes |
Il s’agit d’une étude cas-témoins incluant deux groupes distincts. Le groupe des cas comprenait 200 ongles présentant des signes cliniques évocateurs de PU, associés à un psoriasis cutané confirmé, avec des examens mycologiques négatifs et éventuelle confirmation histologique. Le groupe témoin était constitué de 200 cas d’onychomycose, confirmés par des prélèvements mycologiques positifs. Les patients présentant une association de PU et d’onychomycose ont été exclus. Les principaux critères d’évaluation étaient la sensibilité, la spécificité, ainsi que les valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN) des signes dermoscopiques identifiés dans chaque groupe.
Résultats |
L’analyse a révélé une grande variabilité dans la performance diagnostique des signes dermoscopiques du PU. Les signes les plus spécifiques (100 %) comprenaient: points blancs, trachyonychie, lignes de Beau, onychomadèse, lunule floue (LF), lunule marbrée (LM), taches rouges dans la lunule (TRL), onychorhexie, onychoschizie, hyperkératose sous-unguéale blanche/argentée, onycholyse distale avec bordure érythémateuse (ODBE), taches saumonées (TS), capillaires dilatés du lit unguéal, halos blancs péricapillaires, et alternance de pâleur/érythème longitudinal du lit unguéal. Les points blancs, la trachyonychie et les lignes de Beau avaient également une VPP de 100 %. La LF montrait la meilleure sensibilité (39,2 %) avec une VPP de 100 % et une VPN de 62,3 %. L’ODBE avait une sensibilité de 33,7 %, VPP de 100 % et VPN de 60,2 %. Les TS présentaient un profil comparable. D’autres signes, comme l’onychomadèse, les TRL et la LM, montraient une VPP de 100 %, mais leur sensibilité était faible. En revanche, la leuconychie et les stries longitudinales étaient peu fiables (faible sensibilité et VPP).
Discussion |
Les signes dermoscopiques les plus discriminants du PU semblent provenir principalement du lit unguéal. Ces signes incluent l’érythème longitudinal, la LF ou LM, les capillaires dilatés, les halos blancs péricapillaires, les TS, les taches rouges dans le lit unguéal ou la lunule, ainsi que l’ODBE. Ces anomalies reflètent l’angiogenèse inflammatoire, un mécanisme fondamental dans la physiopathologie du psoriasis. À l’inverse, les signes matriciels sont moins spécifiques, à l’exception des dépressions en dé à coudre (>10 par ongle) et de la trachyonychie.
Conclusion |
Notre analyse révèle que certains signes dermoscopiques très spécifiques peuvent former un tableau pathognomonique, faisant de la dermoscopie une alternative fiable et non invasive à la biopsie unguéale pour le diagnostic du PU.
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Vol 5 - N° 8S
P. A47-A48 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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