Intégration de l’échographie clinique (POCUS) à la pratique quotidienne en médecine interne : expérience de 12 mois - 26/11/25
Résumé |
Introduction |
L’échographie, traditionnellement considérée comme un examen complémentaire, tend aujourd’hui à devenir un outil clinique de première ligne. Sa simplicité, sa polyvalence et son caractère non invasif en font une extension de l’examen physique, parfois qualifiée de « stéthoscope visuel ». L’approche dite Point-of-Care Ultrasound (POCUS), déjà largement intégrée par les urgentistes et réanimateurs, suscite un intérêt croissant en médecine interne, où elle permet de répondre rapidement à des questions diagnostiques ciblées et d’optimiser la prise en charge des patients.
Patients et méthodes |
Nous rapportons une expérience d’une durée de douze mois au cours de laquelle deux opérateurs formés à l’échographie clinique ont pratiqué le POCUS dans un service de médecine interne. L’appareil utilisé était un échographe portable équipé de trois sondes (linéaire, convexe et cardiaque). Chaque examen avait pour objectif principal de répondre à une question clinique précise ou de guider un geste diagnostique ou thérapeutique. Les données recueillies concernaient les indications, les modalités techniques, la durée des examens ainsi que leur impact sur la stratégie diagnostique.
Résultats |
Un total de 105 échographies a été réalisé chez 74 patients, dont 38 hommes et 36 femmes, avec un âge médian de 56,5 ± 28,5 ans, 21 % avaient une maladie systémique. Les principales indications étaient la détection d’épanchements séreux (30 %), la guidance de procédures invasives (18 %), la recherche de collections (16 %) et l’exploration de thromboses (13 %). Les préréglages les plus utilisés étaient le mode articulaire (28 %), le Doppler vasculaire (25 %), l’échographie abdominale (12 %), l’échocardiographie clinique (12 %), l’échographie pulmonaire (10 %) et l’examen des tissus mous (9 %). La durée moyenne d’un examen était de 10 ± 5 minutes. Dans 8 % des cas, une imagerie conventionnelle complémentaire a été demandée. Les conclusions initiales de l’échographie clinique ont été remises en question dans 8 cas, à la lumière de l’évolution clinique ou des examens de référence.
Conclusion |
L’échographie clinique selon la méthode POCUS s’intègre efficacement à l’examen médical en médecine interne. Elle permet d’apporter des réponses rapides et fiables à de multiples situations cliniques, de réduire les délais diagnostiques, de guider les procédures invasives et d’optimiser la prise en charge globale des patients. Bien que dépendante de la formation et de l’expérience de l’opérateur, cette approche représente un atout majeur pour la pratique quotidienne de l’interniste moderne et devrait occuper une place croissante dans les prochaines années.
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Vol 46 - N° S2
P. A560 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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