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Traitement d’épargne cortisonique : indications dans la pseudo-polyarthrite rhizomélique - 02/12/25

Doi : 10.1016/j.rhum.2025.10.445 
B. Chevet 1, , R. Dregoire-Perron 1, M. Fromentoux 1, A. Saraux 2

Groupe d’auteurs des recommendations de la PPR pour la SFR

1 Rhumatologie, Hôpital de la Cavale Blanche, Brest 
2 Université de Bretagne Occidentale, EA2216, service de rhumatologie, CHU de la Cavale Blanche, Brest 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) est une maladie inflammatoire affectant les sujets de plus de 50 ans, avec un pic d’incidence à 70 ans. Les corticoïdes sont le traitement de première intention. Malgré des schémas de décroissance adaptés aux recommandations, plus de la moitié des patients restent sous corticothérapie deux ans après le diagnostic, les exposant ainsi à de nombreux effets indésirables. Bien que des thérapies ciblées aient récemment émergé comme alternatives prometteuses, il n’existe pas de consensus sur la dose cumulée de corticoïdes à partir de laquelle envisager une stratégie d’épargne cortisonique.

L’objectif de cette étude était de modéliser l’exposition cumulée aux corticoïdes selon différents profils de patients atteints de PPR et identifier les seuils justifiant l’introduction précoce de traitements d’épargne cortisonique.

Matériels et méthodes

Des modèles standardisés de prescription ont été développés selon les recommandations ACR/EULAR, en tenant compte du poids corporel (50, 70 et 100 kg) et des scénarios de rechute. Les rechutes étaient supposées survenir à la semaine 24 et lors des étapes ultérieures de décroissance. Deux modèles ont simulé une dépendance aux corticoïdes à 10 mg/j et 5 mg/j sur trois ans. Les doses cumulées des différentes modélisations ont été présentées à un panel d’experts français de la PPR, et il leur a été demandé de définir les seuils d’introduction des traitements d’épargne cortisonique.

Résultats

La corticothérapie cumulée variait de 1,8 g (patient de 50 kg sans rechute) à 11,4 g (patient de 100 kg dépendant de 10 mg/j pendant trois ans) ( Fig. 1 ). Le poids corporel et les rechutes avaient un impact modeste ( < 1,5 g de variation selon le poids, + 0,7 g par rechute) ( Fig. 2 ). En revanche, une cortico-dépendance persistante à 5–10 mg/j augmentait fortement l’exposition, avec des doses 3,4 à 6,1 fois supérieures à celles des patients sans rechute ( Fig. 3 ). Parmi 20 experts interrogés, le seuil cumulatif médian justifiant l’introduction d’un traitement d’épargne cortisonique était de 3 g (IQR 2,75–4,5).

Conclusion

Nos modèles montrent que la corticodépendance, même à faibles doses d’entretien, entraîne une exposition cumulative substantielle dans la PPR. Alors que le poids et des rechutes occasionnelles ont un rôle limité, les échecs répétés de décroissance majorent rapidement la charge cumulative au-delà des seuils de toxicité rapportés.

La corticodépendance est fortement associée à la première rechute, et les anti-IL6R sont à envisager dès cette étape. Le consensus d’experts soutient l’introduction d’agents d’épargne cortisonique dès la première rechute ou lorsque l’exposition cumulative approche 3 g, renforçant l’argument en faveur d’un recours plus précoce aux thérapies ciblées en pratique clinique.

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Vol 92 - N° S1

P. A122-A123 - décembre 2025 Retour au numéro
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