Évaluation de l’impact d’un dispositif médical de télésurveillance chez les patients atteints de lombalgie subaiguë ou chronique en sortie de centre de rééducation pour faciliter l’auto-rééducation : étude contrôlée randomisée multicentrique - 02/12/25

Résumé |
Introduction |
La lombalgie chronique constitue un enjeu majeur de santé publique, altérant durablement la qualité de vie, la participation au travail et la vie sociale [1] . En France, une proportion importante de patients bénéficie de programmes intensifs de restauration fonctionnelle du rachis en centres de rééducation comme recommandés par la HAS [2] . Cependant, à l’issue de ces séjours, la transition avec les soins de ville reste limitée et l’accompagnement au domicile quasi inexistant, compromettant l’observance des programmes d’exercices recommandés [3] .
L’objectif était d’évaluer l’impact d’un suivi de 3 mois en télésurveillance via une application de prescription d’exercices sur la réduction des incapacités fonctionnelles chez des patients atteints de lombalgie chronique ou subaiguë, après une période totale de suivi de 3,5 mois.
Patients et méthodes |
Essai multicentrique (8 SMR français), prospectif, randomisé, en ouvert (N o IDRCB : 2023-A00486-39). Les patients adultes, recrutés en fin de séjour de rééducation ou d’hospitalisation, étaient assignés (1:1) soit à un groupe d’intervention recevant un programme personnalisé via une application (DM classe I) avec suivi asynchrone déclenché par alertes (douleur, observance, difficulté), soit à un groupe contrôle recevant un livret d’exercices et des recommandations de poursuite. Le critère principal était le score Oswestry Disability Index (ODI v2.1a) 3 mois après la sortie du centre ( Fig. 1 ). L’analyse statistique a été conduite en intention de traiter (test de Mann-Whitney, modèle log-linéaire MMRM).
Résultats |
Au total, 227 patients inclus entre juin 2023 et avril 2025 (64 % femmes, âge moyen 46 ± 10 ans, 57 % en arrêt maladie, IMC moyen 27 ± 5, durée de la maladie 8 ± 9 ans). À J105, la réduction de l’incapacité fonctionnelle était plus importante dans le bras intervention : ODI 23,7 ± 15,5 versus 28,4 ± 16,1 dans le bras contrôle (différence moyenne 4,7 points, p = 0,03). Les résultats étaient confirmés en ITT modifiée, per protocole et après imputation des données manquantes. L’analyse post-hoc a montré une proportion significativement plus élevée de répondeurs (ODI > 30 %) dans le groupe intervention (50 % vs 30 %, p = 0,01). Une différence significative en faveur du groupe télésurveillé est retrouvée sur les soins concomitants et sur les arrêts de travail ( p < 0,05). Aucune différence significative n’est retrouvée sur l’observance et la qualité de vie. Un seul événement indésirable possiblement lié au dispositif (douleur transitoire) a été rapporté, non grave et attendu.
Conclusion |
L’association d’un programme d’exercices personnalisés via application et d’un suivi asynchrone de 3 mois après restauration fonctionnelle du rachis améliore significativement la capacité fonctionnelle de patients atteints de lombalgie chronique. La taille d’effet observée, bien que statistiquement significative, reste d’amplitude limitée et interroge sa pertinence clinique.
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Vol 92 - N° S1
P. A147-A148 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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