Risque de myopathies Inflammatoires idiopathiques et SARS-CoV-2 : analyse de series temporelles issues de données sérologiques et médico-administratives en France - 02/12/25
, A. Berges 2, S. Pinto 3, A. Rozes 4, Y. De Rycke 5, T. Mathieu 6, S. Dubucquoi 7, C. Contin-Bordes 8, V. Thierry 9, A. Jentzer 10, N. Fabien 11, F. Coutant 12, L. Daniela 13, B. Nespola 14, N. Bardin 15, D. Bertin 16, F. Jouen 17, O. Boyer 18, P. Ghillani Dalbin 19, J.L. Charuel 20, C. Dumestre-Perard 21, P. Nicaise 22, P. Chrétien 23, C. Goulvestre 24, A.E. Berger 25, O. Benveniste 26, Y. Allenbach 26, F. Tubach 27Résumé |
Introduction |
Les myosites sont des maladies auto-immunes comprenant quatre entités dont trois sont définies par la présence d’auto-anticorps spécifiques (MSAs) : la dermatomyosite (DM), le syndrome des anti-synthétases (ASyS), et la myopathie nécrosante auto-immune (IMNM). Outre les signes musculaires, elles peuvent présenter une atteinte pulmonaire. Les causes restent imprécises (déterminants génétiques et environnementaux). Les infections virales respiratoires pourraient être impliquées. En effet, les infections virales induisent une activation de la voie IFN similaire à celle observées dans certaines myosites.
L’apparition brutale de la pandémie de SARS-CoV-2 en 2019 offre un cadre quasi-expérimental pour estimer l’impact des infections virales respiratoires dans le déclenchement des myosites.
Matériels et méthodes |
Une étude écologique a été menée (01/01/2018 – 31/12/2022) au sein du Système National des Données de Santé (SNDS) et d’une base de données sérologiques multicentrique en France (centres ; n = 14), modélisant le nombre de cas incidents mensuels de myosite. Les cas incidents étaient définis par les premiers codes CIM-10 d’hospitalisations et par le premier test positif de détection de MSAs. Dans la base sérologique, seuls les résultats positifs forts ont été considérés.
Après réduction du bruit, une fonction de cout pénalisée identifiait les ruptures. Un test de Chow confirmait leur significativité. Un test de Student comparait le nombre moyen de cas incidents avant et après la rupture.
Résultats |
Dans le SNDS, 5526 cas incidents de myosite ont été identifiés sur la période. Les patients étaient majoritairement des femmes (59 %) et 44 % étaient âgés de 60 à 80 ans au diagnostic. Une rupture parmi les quatre identifiées dans la série temporelle des myosites incidentes est survenue après le début de la pandémie de SARS-CoV-2 (11/2020). L’augmentation de cas incident au décours était de 5 %. Cette rupture a été identifiée uniquement chez les hommes.
La base sérologique comprenait les résultats de 497 513 tests sérologiques. Parmi eux, 3300 MSAs étaient positifs : 1373 spécifiques de DM, 1460 spécifiques d’ASyS, et 467 spécifiques d’IMNM. Une rupture en 11/2020 était retrouvée dans la série temporelle des premiers tests MSAs positifs mais aussi dans celles de chaque type de myosite. L’augmentation du nombre mensuel de nouveaux patients avec MSAs positifs était de 41 % pour les DM, de 26 % pour les ASyS, et de 23 % pour les IMNM.
Discussion |
Sans permettre d’établir la causalité, l’étude écologique de deux larges bases de données complémentaires est compatible avec un impact viral dans le déclenchement des myosites. La rupture survient 8 mois après le premier pic de circulation du SARS-CoV-2 ou 3 mois après le second. Ces résultats sont cohérents avec d’autres études sur base médico-administrative ou sérologique.
Conclusion |
Cette étude montre une augmentation significative du nombre de cas incidents de myosite, notamment pour les dermatomyosites, après le début de la pandémie de SARS-CoV-2.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 92 - N° S1
P. A202-A203 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
