Spondylodiscite brucellienne : profil clinique et facteurs épidémiologiques - 02/12/25
, S. Ben Jemaa 2, A. Feki 2, Z. Gassara 3, M. Ezzedine 4, M.H. Kallel 2, H. Fourati 2, S. Baklouti 2Résumé |
Introduction |
La spondylodiscite brucellienne constitue la manifestation ostéoarticulaire la plus fréquente de la brucellose. En raison de son évolution progressive et de la diversité de ses présentations cliniques, son diagnostic peut être difficile. Ce travail a pour objectif d’en préciser les différents aspects épidémiologiques et cliniques.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective menée sur une période de 29 ans étendue de 1996 à 2025 incluant les patients hospitalisés au service de rhumatologie pour une spondylodiscite infectieuse.
Résultats |
Nous avons colligé 65 cas de spondylodiscite infectieuse dont 11 étaient d’origine brucellienne, représentant 16,9 % des cas. L’âge moyen de nos patients était de 51 ans avec des extrêmes allant de 25 à 77 ans. Une prédominance masculine était observée avec un sex-ratio hommes/femmes de 1,75. Huit patients (72,7 %) étaient originaires de zones rurales et deux présentaient un faible niveau socio-économique. Parmi les facteurs de risque identifiés, la consommation de produits laitiers non pasteurisés était retrouvée chez 63,6 % des patients et un contact direct avec le cheptel a était noté dans 45,5 % des cas. Dans notre série, la fièvre était notée dans 36,4 % des cas et une altération de l’état général dans 27,5 % des cas. Le mode d’installation des symptômes était progressif dans 81,9 % des cas. Tous les patients présentaient des rachialgies. La douleur était de type inflammatoire dans 54,5 % des cas, mixte dans 27,3 %, et mécanique dans 18,2 %. À l’examen physique, une raideur rachidienne était notée dans 90,9 % des cas, et un syndrome radiculaire était retrouvé dans 36,4 % des cas. Aucun patient ne présentait un déficit neurologique. Sur le plan biologique, une leucopénie était observée dans 28 % des cas et une hyperleucocytose dans 43 %. Un syndrome inflammatoire biologique était objectivé chez 81,82 % des patients. La valeur moyenne de la CRP de 44,45 ± 40,36 mg/L et celle de la vitesse de sédimentation (VS) de 51,4 mm/h ± 37,4. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) a mis en évidence une épidurite dans 9 cas et une compression médullaire dans un seul cas. L’atteinte du rachis lombaire était prédominante (72,7 %), suivie du rachis dorsal. Les hémocultures étaient positives dans 27,3 % des cas ( n = 3), et la sérologie de Wright était positive chez tous les patients. Quatre biopsies disco vertébrales ont été réalisées, toutes revenues négatives. Tous nos patients ont reçu une antibiothérapie à base de doxycycline et rifampicine, associée une immobilisation rachidienne. La durée totale moyenne du traitement était de 8 mois. Aucun patient n’a nécessité un recours à la chirurgie et l’évolution finale était favorable chez tous les patients.
Conclusion |
La spondylodiscite brucellienne survient principalement chez des sujets exposés à des facteurs de risque tels que la consommation de produits laitiers non pasteurisés et le contact avec des animaux infectés. La prise en compte de ces éléments est essentielle pour orienter le diagnostic et permettre une prise en charge thérapeutique rapide et adaptée.
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Vol 92 - N° S1
P. A281-A282 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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