Évènements démyélinisants au cours de l’exposition aux anti-TNF dans la polyarthrite rhumatoïde : analyse des données du Système National des Données de Santé - 02/12/25
, A. Ajrouche 2, Y. de Rycke 2, J. Kirchgesner 3, E. Maillart 4, F. Tubach 5, B. Fautrel 1Résumé |
Introduction |
L’objectif de ce travail était d’évaluer le risque d’évènements démyélinisants (EvD) du système nerveux central (SNC) ou périphérique (SNP) au cours de l’exposition aux anti-TNF comparé aux traitements conventionnels (csDMARD) chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR).
Patients et méthodes |
Dans cette étude de cohorte en population menée dans le Système National des Données de Santé, des sujets adultes atteints de PR définis par la présence de codes CIM-10 de PR en ALD ou en hospitalisation, et naïfs de csDMARD et d’anti-TNF ont été inclus entre le 01/01/2008 et le 31/12/2022 ; les sujets ayant un code CIM-10 d’EvD (SNC : G35 (sclérose en plaques), G36, G37, H46 ; SNP : G610 (syndrome de Guillain-Barré), G618) précédant l’initiation d’un DMARD étaient exclus. Les patients étaient suivis à partir de la date de 1ère initiation d’un csDMARD jusqu’à la survenue d’un EvD, leur décès, leur sortie du régime général, l’arrêt des traitements d’intérêt, ou jusqu’au 31/12/2023. Les périodes d’exposition aux anti-TNF (infliximab, etanercept, adalimumab, certolizumab pegol, golimumab, molécules princeps et biosimilaires) et aux csDMARD (méthotrexate, léflunomide, sulfasalazine et hydroxychloroquine) étaient définies sans période de latence et avec une rémanence de 3 mois. L’évènement d’intérêt principal était la survenue d’un EvD incident (intéressant le SNC ou le SNP) et était identifié à l’aide de codes CIM-10 en ALD ou en hospitalisation. Le risque d’EvD au cours de l’exposition aux anti-TNF par rapport aux csDMARD a été évalué au moyen d’un modèle structuré marginal de Cox avec une pondération des périodes d’exposition aux différents traitements par un score de propension temps dépendant (comprenant des covariables socio-démographiques, des comorbidités et facteurs comportementaux, et des covariables reflétant la sévérité de la PR).
Résultats |
Au total, 214 901 patients atteints de PR (âge médian 58,9 ans, 70,6 % de femmes) incidents de traitements (csDMARD le plus prescrit en 1 re ligne : méthotrexate 80,2 %) ont été inclus, et contribuaient pour1665 144 personnes-années (PA) ; parmi eux, 40 148 sujets ont initié un anti-TNF au cours du suivi. 562 EvD (SNC : 346/SNP : 216) sont survenus au cours de l’exposition aux csDMARD ou aux anti-TNF entre 2008 et 2023, correspondant à un taux d’incidence de 33,7/100 000 PA. L’exposition aux anti-TNF était significativement associée à une augmentation du risque d’EvD comparée aux csDMARD, avec un hazard ratio (HR) de 1,5 (IC95 % 1,2–2,0) ( Fig. 1 ). Ce surrisque était uniquement significatif pour les EvD du SNC (HR = 1,6, IC 95 % 1,1–2,2).
Discussion |
La force de ce travail est d’être fondé sur des données de vie réelle issues de la quasi-totalité de la population française, avec une longue période d’observation et de suivi. Il repose sur un cadre méthodologique permettant d’évaluer l’inférence causale en situation observationnelle.
Conclusion |
Les EvD sont rares au cours de l’exposition aux anti-TNF dans la PR. Ce travail a cependant mis en évidence un surrisque significatif d’EvD sous anti-TNF par rapport aux csDMARD. Des analyses sont en cours pour préciser si ce surrisque persiste en comparaison aux autres thérapies ciblées, ainsi que dans des populations souffrant d’autres rhumatismes inflammatoires.
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Vol 92 - N° S1
P. A49-A50 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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