Développement et validation d’un modèle prédictif du risque d’infections graves chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde initiant un b/tsDMARD - 02/12/25
Résumé |
Introduction |
Les infections graves sont une complication fréquente et redoutée chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) traités par biomédicaments ou traitements ciblés synthétiques (b/tsDMARD). Les outils prédictifs existants présentent des limites de couverture thérapeutique ou de comorbidités. L’objectif de cette étude était de développer et valider un modèle de prédiction du risque d’infection grave à l’initiation d’un b/tsDMARD chez des patients atteints de PR et de l’implémenter dans un outil interactif RA Infection Score Estimator (RAISE).
Patients et méthodes |
Une cohorte nationale a été constituée à partir des données du Système national des données de santé (2010–2023). Les patients adultes avec un diagnostic de PR initiant un b/tsDMARD (inhibiteurs du TNF, de l’IL-6, inhibiteurs de JAK, abatacept ou rituximab) ont été inclus. L’événement principal était la première hospitalisation pour infection grave. Les covariables incluaient les caractéristiques démographiques, le traitement initié, la corticothérapie à l’inclusion, les antécédents infectieux et les comorbidités. La sélection des variables a été réalisée par LASSO, puis un modèle multivarié de Cox a été construit. Les performances du modèle ont été évaluées en discrimination (C-index) et en calibration (6 à 24 mois) dans une cohorte de dérivation ( n = 64 606) et une cohorte de validation ( n = 33 282). Une validation interne par bootstrap (500 échantillons) a été réalisée.
Résultats |
Au cours d’un suivi médian de 12,5 mois, 4657 et 2359 infections graves ont été observées dans les cohortes de dérivation et de validation, respectivement. Les principaux facteurs de risque étaient l’âge élevé, une corticothérapie ≥ 7,5 mg/j, des antécédents infectieux, certaines comorbidités (diabète, maladie pulmonaire, cancer, troubles neurologiques) et l’utilisation de rituximab (HRa : 2,20 [1,98–2,44]) ou d’infliximab (HRa : 1,75 [1,56–1,97]). L’utilisation de méthotrexate était associée à un risque réduit (HRa : 0,81 [0,76–0,87]). Le modèle présentait une discrimination modérée (C-index ∼0,71) et une bonne calibration.
Discussion |
Ce modèle, fondé sur des données de vie réelle, intègre les traitements les plus récents (dont les inhibiteurs de JAK) et un large spectre de comorbidités pertinentes. Ses performances sont comparables aux scores existants, avec l’avantage de reposer sur des variables disponibles en pratique courante. Son implémentation sous forme d’outil interactif (RAISE, Fig. 1 ) permet d’obtenir des estimations de risque directement utilisables en consultation.
Conclusion |
Le modèle offre une estimation personnalisée du risque d’infection grave à 6, 12, 18 et 24 mois après initiation d’un b/tsDMARD. Accessible en ligne, il constitue un outil innovant et concret d’aide à la décision pour une prise en charge individualisée en rhumatologie.
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Vol 92 - N° S1
P. A60-A61 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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