Étude de la maintenance thérapeutique des anti-JAK en fonction du sexe dans la polyarthrite rhumatoïde : données issues du SNDS - 02/12/25
, J. Bulsei 2, M.C. Trojani 3, A. Villain 4, L. Evenor 5, V. Breuil 6, E. Fontas 7, C. Roux 6Résumé |
Introduction |
La maintenance thérapeutique constitue un enjeu majeur dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). Si le rôle du sexe comme facteur prédictif d’arrêt précoce a été largement étudié pour les anti-TNFα, peu de données existent concernant les inhibiteurs de JAK (anti-JAK), disponibles plus récemment. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’impact du sexe sur la maintenance thérapeutique des anti-JAK dans une large cohorte nationale issue du Système national des données de santé (SNDS).
Patients et méthodes |
En utilisant le SNDS, nous avons l’exhaustivité de la consommation de soins pour l’ensemble de la population française. Nous avons donc inclus l’ensemble des patients adultes atteints de PR ayant initié un anti-JAK entre janvier 2017 et décembre 2021. La maintenance thérapeutique était définie comme l’absence d’interruption de délivrance sur une période supérieure à 60 jours. Le risque d’arrêt a été évalué par modèle de Cox multivariés, ajusté sur l’âge, les comorbidités, l’indice de défavorisation social (FDep), les traitements concomitants et l’exposition antérieure aux biothérapies. Des analyses de sensibilité par appariement sur score de propension et des analyses en sous-groupes selon l’obésité et les traitements associés ont été réalisées.
Résultats |
Au total, 10 071 patients ont été inclus, dont 75,4 % de femmes. Après un suivi moyen de 2,6 ans, l’arrêt concernait 52,1 % des femmes versus 49,9 % des hommes. Après ajustement, les femmes présentaient un risque accru d’arrêt (HR = 1,07 ; IC95 % [1,00–1,14] ; p = 0,04), confirmé après appariement par score de propension. La différence absolue restait modeste (≈ 7 %). Dans les analyses en sous-groupes, la maintenance était particulièrement réduite chez les femmes recevant une corticothérapie et un csDMARD concomitant (HR = 1,15 ; p = 0,01), ainsi que chez les patientes obèses (HR = 1,31 ; p = 0,02).
Discussion |
Nos résultats, concordants avec ceux observés pour les anti-TNFα, suggèrent une influence du sexe sur la maintenance thérapeutique des anti-JAK. Cette disparité pourrait refléter des différences physiopathologiques dans les voies inflammatoires ou des profils de tolérance distincts entre hommes et femmes. Les sous-analyses confirment l’impact de comorbidités et de traitements associés, déjà rapportés dans la littérature.
Conclusion |
Cette étude à grande échelle sur la maintenance thérapeutique des anti-JAK dans la PR met en évidence une différence significative mais modeste en défaveur des femmes. Ces données soulignent l’importance de prendre en compte le sexe et les caractéristiques cliniques dans la décision thérapeutique, en faveur d’une approche plus personnalisée de la prise en charge de la PR.
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Vol 92 - N° S1
P. A61-A62 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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