Rôle de l’échographie ostéoarticulaire dans la prise de décision en rémission clinique de l’arthrite juvénile idiopathique : expérience d’un centre de rhumatologie pédiatrique - 02/12/25
, M. Bossert, A. Wiget, T. Conrozier, A. LohseRésumé |
Introduction |
Les modifications thérapeutiques dans l’arthrite idiopathiques juvéniles (AJI) sont basées sur l’efficacité, les effets secondaires du médicament et les mesures de santé perçues ou les « patients-reported outcomes ». Cependant, le rôle de l’échographie ostéoarticulaire dans la gestion thérapeutique chez les patients ayant une AJI reste flou. Le but de cette étude est de déterminer si les anomalies échographiques dans une AJI dans sa forme oligo-articulaire ou polyarticulaire cliniquement inactive influence la décision thérapeutique du clinicien.
Patients et méthodes |
Étude rétrospective, monocentrique, analysant des données de patients suivis pour une AJI oligo-articulaire ou polyarticulaire et diagnostiqués selon les critères ILAR. Les patients inclus étaient en rémission clinique (au moins six mois de maladie inactive), avec ou sans traitement de fond en cours. Tous les patients ont eu une échographie ostéoarticulaire par un échographiste expert, avec un examen clinique des mêmes articulations effectué par un rhumatologue pédiatre, en aveugle des résultats de l’échographie initialement et les découvrants avant de prendre leur décision thérapeutique.
Concernant la décision thérapeutique : les patients ont été répartis en deux groupes : G1 : le groupe continuation/renforcement et G2 : le groupe arrêt/réduction. L’analyse des données a inclus une stratification par groupe de traitement, avec des comparaisons des résultats d’échographie et des paramètres cliniques.
Résultats |
Au total, 39 patients ont été inclus (ratio F/H : 1,78), avec un âge moyen de 12,46 ± 6 ans et une durée moyenne de la maladie de 7,75 ± 6,33 ans. Les sous-types comprenaient 30 cas d’AJI oligo-articulaire (dont 3 étendues) et 9 cas d’AJI polyarticulaire. La positivité des ANA a été observée chez 22 patients (57 %), une maladie érosive chez 2 patients, des antécédents d’uvéite chez 5 patients et une atteinte coxofémorale chez 6 patients. Tous les patients étaient en rémission clinique ; 4 patients avaient arrêté leur traitement. Parmi les 35 patients sous traitement, 20 (51 %) recevaient des inhibiteurs du TNF-α, 14 (36 %) du méthotrexate, 3 (8 %) des inhibiteurs de l’interleukine-6, et 4 des AINS. L’examen clinique a révélé des douleurs articulaires lors de la mobilisation chez 6 patients sans limitation de la mobilité, et une raideur matinale ( < 30 minutes) chez 1 patient. La vitesse de sédimentation moyenne était de 10 ± 11 mm/h, la CRP moyenne de 1 ± 2,6 mg/L et l’évaluation globale des parents de 0,8. Des anomalies à l’échographie ostéoarticulaire ont été détectées chez 20 patients (56 %), identifiant une synovite subclinique dans 32 articulations (8,3 %) chez 10 patients, dont 3 articulations présentant des signaux Doppler positif. Le traitement a été réduit ou arrêté chez 14 patients.
Parmi les patients ayant des anomalies à l’échographie, 60 % appartenaient au groupe continuation/renforcement (G1), contre 45 % n’ayant pas d’anomalies détectées à l’échographie ( p = 0,087).
Conclusion |
Bien que l’échographie ostéoarticulaire chez les patients avec AJI oligo-articulaire et polyarticulaire en rémission clinique identifie fréquemment des synovites infracliniques, les décisions thérapeutiques du clinicien restent principalement guidées par son évaluation clinique, biologique et les mesures de santé perçues.
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Vol 92 - N° S1
P. A62-A63 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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