Le Belief on Medicine Questionnaire permet-il de prédire l’adhésion thérapeutique au cours de l’arthrite juvénile idiopathique ? - 02/12/25
, M. Ghali, R. Grassa, N. Ben Chekaya, M. Jguirim, S. Zrour, I. BèjiaRésumé |
Introduction |
Dans la prise en charge des maladies chroniques, l’objectif thérapeutique est d’assurer le contrôle de la maladie tout en réduisant les complications. L’adhésion au traitement constitue un élément central de cette prise en charge. L’objectif de cette étude est d’évaluer les croyances parentales concernant l’utilisation des immunosuppresseurs chez les enfants atteints d’AJI et analyser leur impact sur l’adhésion thérapeutique.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude observationnelle transversale menée auprès d’enfants suivis pour AJI. L’adhésion thérapeutique a été évaluée à l’aide du Belief on Medicine Questionnaire (BMQ), qui explore deux dimensions principales : la nécessité perçue du traitement et les inquiétudes liées à ses effets indésirables. Chaque dimension comprend cinq items cotés de 1 (désaccord fort) à 5 (accord fort). L’observance thérapeutique a été évaluée à l’aide du Child Adherence Report Questionnaire (CARQ).
Résultats |
La population étudiée comprenait 28 enfants atteints d’AJI, avec une répartition équilibrée entre filles et garçons (50 % chacun). Le questionnaire a été rempli dans 71,5 % des cas par les mères des enfants concernés. Concernant les croyances liées à « la nécessité de traitement », 60,7 % des parents considéraient que l’état de santé actuel de leur enfant dépendait du traitement et 85,6 % estimaient que celui-ci empêchait l’aggravation de la maladie. Par ailleurs, 71,4 % pensaient que leur enfant serait très malade en l’absence de traitement et 82 % jugeaient que la santé future de leur enfant en dépendait. En revanche, 10,7 % des répondants étaient en désaccord avec l’affirmation « la vie de mon enfant serait impossible sans son traitement. La dimension « nécessité des immunosuppresseurs » a été évaluée avec un score allant de 5 (absence de nécessité) à 25 (forte nécessité), avec une moyenne de 20. Concernant la dimension « inquiétudes », 60 % des parents se déclarent inquiets de la nécessité pour leur enfant de suivre un traitement, et 64,2 % s’inquiètent des effets à long terme de celui-ci. Ils craignent notamment, pour 67,8 %, que leur enfant devienne trop dépendant de son traitement. La majorité des parents estime bien connaître le traitement prescrit, 60,6 % étant en désaccord avec l’idée que celui-ci reste un mystère pour eux. Par ailleurs, 75 % des répondants considèrent que le traitement n’entrave pas la vie quotidienne de leur enfant. La moyenne du score de cette dimension, allant de 5 (pas d’inquiétude) à 25 (forte inquiétude), était de 15. L’analyse combinée des deux dimensions, « nécessité » et « inquiétudes » montre que pour 82,1 % des parents, les bénéfices du traitement dépassent les inquiétudes. La majorité des parents exprime une perception globalement positive des traitements : 82,1 % rejettent l’idée qu’ils soient nocifs et aucun ne les considère comme des poisons. Plus de 60 % ne croient pas en la supériorité des remèdes naturels ni en une confiance excessive des médecins envers les traitements. En revanche, 32,1 % estiment qu’une meilleure disponibilité médicale pourrait réduire les prescriptions. L’analyse de la relation entre la dimension « nécessité du traitement » et l’adhésion thérapeutique a révélé une corrélation statistiquement significative ( p = 0,009).
Conclusion |
L’adhésion thérapeutique chez les enfants atteints d’AJI est largement influencée par les croyances parentales. Ces résultats soulignent l’importance d’un accompagnement éducatif ciblé afin de soutenir l’observance et d’optimiser la prise en charge thérapeutique.
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Vol 92 - N° S1
P. A64-A65 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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