L’hospitalisation dans un service de chirurgie orthopédique est un facteur de risque majeur de non-traitement de l’ostéoporose - 02/12/25
Résumé |
Introduction |
En dehors des filières-fractures, moins de 30 % des patients hospitalisés pour une fracture ostéoporotique reçoivent dans l’année qui suit, un traitement de fond de l’ostéoporose. Mais les raisons de la non-prise en charge de l’ostéoporose ne sont pas claires. L’objectif de notre étude était de décrire les facteurs associés à la réalisation ou non d’un traitement de fond, après hospitalisation pour fracture, en tenant compte non seulement des caractéristiques du patient mais aussi des particularités de son parcours de soins intra- et extrahospitalier.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude de cohorte prospective, réalisée sur 450 patients, hospitalisés pour une fracture ostéoporotique récente. Nous avons analysé les comorbidités, les facteurs de risque d’ostéoporose, la localisation de fracture, les traitements prescrits avant ou après la fracture et le parcours de soins du patient pendant les 12 mois suivants : modalités de l’hospitalisation initiale, passage ou non en SSR, institutionalisation éventuelle. L’analyse des facteurs conduisant à la prescription ou non d’un traitement a été réalisée selon un modèle de régression logistique uni puis multivariée.
Résultats |
Après exclusion des fractures traumatiques, tumorales, sur matériel, péri-prothétique, nous avons analysé le devenir de 298 patients, (81 hommes et 217 femmes), âgés en moyenne de 76 ans. Les fractures concernent l’ESF et le fémur ( n = 118), le rachis ( n = 50), le poignet ( n = 45), l’humérus ( n = 33) et le tibia ( n = 44). La mortalité est chiffrée à 10,4 % à 12 mois, 17,8 % à trois ans. Avant l’hospitalisation, 59 patients (19,8 %) avaient reçu un traitement de fond de l’ostéoporose. Au cours des 12 mois suivant l’hospitalisation, un traitement par la vitamine D est prescrit chez 172 patients (57,7 %) et un traitement de fond chez 96 patients : acide zolédronique ( n = 88), bisphosphonate oral ( n = 5) tériparatide ( n = 3). L’analyse univariée montre que l’âge élevé, le sexe féminin, la fracture vertébrale, la minceur, la PR, la maladie neuro dégénérative et la corticothérapie sont associés avec une chance plus élevée de traitement. En revanche, l’hospitalisation en chirurgie, la fracture du tibia, de l’humérus, du poignet et le diabète favorisent l’absence de traitement de fond. L’analyse multivariée montre que les facteurs favorisant le traitement sont la maladie neurodégénérative (RR 4,1, p 0,04), le passage en institution (RR 2,8, p 0,04). En revanche les patients diabétiques sont moins traités (RR 0,4, p 0,04) et l’hospitalisation en chirurgie est un obstacle majeur à la prise en charge (RR 0,06, p 0,001). De façon concrète, après hospitalisation exclusive en chirurgie, seuls 18 % des patients reçoivent un traitement au cours des 12 mois suivants contre 86 % des patients hospitalisés dans un service de médecine.
Conclusion |
Les patients souffrant d’une fracture vertébrale sont mieux pris en charge que les patients présentant une fracture non vertébrale en particulier tibiale, humérale et radiale. Mais c’est moins la localisation de la fracture que la conduite du parcours de soins qui s’avère déterminante. Après hospitalisation en chirurgie, la chance de recevoir un traitement de fond de l’ostéoporose est divisé par 15 par rapport à une prise en charge dans un service de médecine, indépendamment des autres facteurs de risque. Ces résultats suggèrent fortement l’utilité d’un changement des conditions d’hospitalisation de ces patients, en limitant la prise en charge chirurgicale aux 48 premières heures, au profit d’un transfert immédiat en secteur médical pour les patients fragiles ou dans une filière-fracture pour les patients ambulatoires.
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Vol 92 - N° S1
P. A66-A67 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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