Glucocorticoïdes dans l’artérite à cellules géantes : évolution des schémas thérapeutiques et toxicité associé en vie réelle : une étude nationale à partir de la base de données de l’Assurance Maladie française - 02/12/25
, D. Lacaille 2, B. Fautrel 3, R. Seror 4, D. Hajage 5, F. Tubach 6Résumé |
Introduction |
Les avancées récentes dans la prise en charge de l’artérite à cellules géantes (ACG) visent à réduire l’utilisation des glucocorticoïdes, cependant la consommation en vie réelle de la corticothérapie ainsi que sa toxicité associée n’ont pas été spécifiquement étudiés au cours de l’ACG par des études de grande ampleur. Les objectifs de cette étude étaient de décrire l’évolution de la consommation de corticothérapie en vie réelle et d’évaluer l’association entre l’exposition cumulée de corticoïdes, en dose et en durée, et la survenue d’événements indésirables chez des patients atteints d’ACG.
Patients et méthodes |
Cette cohorte rétrospective a utilisé la base nationale du système de donnée de santé (SNDS) et inclus les cas incidents d’ACG diagnostiqués entre 2010 et 2022. Un modèle de trajectoires à classes latentes a été appliqué afin d’identifier différents profils d’évolution des doses de glucocorticoïdes dans les deux années suivant le diagnostic. Les facteurs associés au sevrage en glucocorticoïdes et aux événements indésirables (infections graves, événements cardiovasculaires majeurs [MACE], fractures ostéoporotiques majeures) ont été analysés à l’aide de modèles multivariés. Les risques de mortalité ont été estimés par modèles de Cox, et les risques spécifiques en présence de risque compétitif par modèles de Fine et Gray, en fonction de la dose cumulée et de la durée d’exposition aux différentes catégories de doses quotidiennes.
Résultats |
Parmi 18 301 patients atteints d’ACG, quatre trajectoires distinctes de traitement glucocorticoïde ont été identifiées. Parmi elles, deux correspondaient à des profils à fortes doses quotidiennes, dont la proportion a diminué au fil du temps ( Fig. 1 , courbes rouge et verte). Cependant, pour l’ensemble de la cohorte, la dose cumulée moyenne à 2 ans du diagnostic restait élevée (8 grammes chez les patients diagnostiqués en 2022). L’utilisation du méthotrexate a augmenté jusqu’en 2020 puis s’est stabilisée, tandis que celle du tocilizumab poursuit sa progression, utilisé par plus de 25 % des patients diagnostiqués en 2022 après 3 ans de suivi. Le sevrage des corticoïdes était plus rapide chez les hommes et ceux traités d’emblée par méthotrexate ou tocilizumab, alors que l’âge > 75 ans, les troubles neurodégénératifs, l’insuffisance rénale chronique et l’hypertension artérielle étaient associés à un sevrage plus lent ( Fig. 2 ).
Pour une dose cumulée de corticoïdes de 8,9 grammes en moyenne à 2 ans dans l’ensemble de la cohorte, le HR de mortalité associé était 1,27 (IC95 % : 1,23–1,30). En s’intéressant à la durée d’exposition à différentes doses de corticoïdes, l’exposition cumulée à de faibles doses de corticoïdes (< 7,5 mg/j) était associée à un surrisque d’infection, de fracture ostéoporotique majeure et de MACE. De plus, le risque de mortalité et d’infection augmentait avec la dose quotidienne ( Fig. 3 ).
Conclusion |
Au cours de la dernière décennie, l’utilisation de fortes doses de corticothérapie et ce, en particulier de manière prolongée, semble s’estomper. Toutefois, la dose cumulée sur les 2 ans suivant le diagnostic demeure importante à plus de 8 grammes en moyenne malgré une utilisation croissante des traitements d’épargne. L’exposition aux corticoïdes était associée à des évènements indésirables, y compris à faible dose.
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Vol 92 - N° S1
P. A73-A74 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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