Utilisation du tocilizumab dans l’artérite à cellules géantes : évaluation de l’application du PNDS et de la tolérance en pratique courante - 02/12/25
Résumé |
Introduction |
Le tocilizumab (TCZ) est un traitement ciblé anti-IL-6R qui peut constituer un traitement d’épargne cortisonique dans l’artérite à cellules géantes (ACG). Le Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) de l’ACG [1] recommande son utilisation soit d’emblée au diagnostic selon les comorbidités du patient, soit au cours du suivi en cas de complications liées à la corticothérapie, de rechute ou d’échec du sevrage en corticoïdes. Des effets indésirables (EI) du TCZ dans l’ACG sont rapportés dans environ 33 % des cas [2] . L’objectif de cette étude était d’évaluer l’application des recommandations du PNDS ainsi que la tolérance du TCZ dans un centre hospitalier universitaire.
Patients et méthodes |
Étude rétrospective monocentrique au CHU de Rennes incluant les patients traités par TCZ pour une ACG. Les patients ont été identifiés soit dans la filière « Fast-track » mise en place depuis janvier 2023, soit à partir des dossiers médicaux. Les patients devaient répondre aux critères ACR/EULAR 2022 de l’ACG. Des données cliniques et paracliniques ont été recueillies, notamment les comorbidités cardiovasculaire, diabète, ostéoporose. L’indication du TCZ (d’emblée ou secondairement), la survenue d’EI, l’arrêt du traitement et ses motifs ont été analysés.
Résultats |
En se basant sur les ACG issues de la cohorte de Fast-track ( n = 95), la fréquence d’utilisation du TCZ dans l’ACG était de 36 % (34/95), avec un traitement majoritairement prescrit d’emblée (21/34). En tout, 62 patients traités par TCZ ont été analysés ( Fig. 1 ). La durée moyenne de suivi était de 29,5 ± 28,8 mois et la durée moyenne d’exposition au TCZ de 11,2 ± 13,5 mois. Le TCZ avait été prescrit d’emblée chez 27 patients, dont 3 avant la publication du PNDS. Chez les 35 patients avec une prescription au cours du suivi, 13 ont eu du méthotrexate avant le TCZ, et 6 l’ont poursuivi 1 mois ou plus sous TCZ. Les principales comorbidités justifiant la prescription le TCZ étaient : exposition préalable prolongée aux corticoïdes ( n = 11, dont 10 pour une pseudopolyarthrite rhizomélique ayant précédé l’ACG), diabète ( n = 10), pathologie cardiovasculaire ( n = 8), ostéoporose n = 7, dont 2 uniquement densitométrique) et pathologie psychiatrique ( n = 2). Les patients traités d’emblée par TCZ étaient plus âgés au diagnostic (75,5 vs 69,9 ans, p < 0,01) et plus souvent hypertendus (78 % vs 49 %, p = 0,019) et avaient moindre exposition à la corticothérapie (14 vs 26 mois, p < 0,01). Il n’y avait pas d’autre différence de forme clinique céphalique ou extracéphalique, de comorbidités, ni de différence paraclinique par rapport à ceux ayant débuté le TCZ secondairement. Concernant la tolérance, 36/62 patients (63 %) ont présenté au moins un EI. Neuf patients ont interrompu définitivement le TCZ en raison d’un EI : neutropénie profonde < 1,0 G/L ( n = 4), endocardite infectieuse ( n = 2), thrombopénie < 50 G/L ( n = 1), hémorragie diverticulaire ( n = 1) et prurit chronique invalidant ( n = 1). Aucun facteur prédictif d’arrêt pour EI n’a été identifié. L’arrêt pour EI était le plus souvent effectué dans les 6 premiers mois ( Fig. 2 ). Les EI sans arrêt définitif comprenaient 9 neutropénies ( > 1,0 G/L), 4 infections sévères, 3 thrombopénies, 5 cytolyses hépatiques et 13 dyslipidémies.
Conclusion |
Cette étude confirme la bonne application des recommandations du PNDS pour le traitement de l’ACG par TCZ. Le TCZ est prescrit chez environ un tiers des patients. Les EI sous CTZ sont fréquents en pratique réelle, ce qui souligne la nécessité d’études complémentaires pour mieux caractériser et comparer les profils de tolérance des traitements d’épargne cortisonique dans l’ACG.
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Vol 92 - N° S1
P. A77-A78 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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