Modalités diagnostiques et prise en charge d’une spondyloarthrite avec ou sans psoriasis de révélation tardive se présentant comme une pseudopolyarthrite rhizomélique - 02/12/25
, B. Gérard 1, J. Grojean 2, S. Darmoni 3, L. Berard 4, C. Marcelli 5, V. Langlois 6, T. Lequerré 7, O. Vittecoq 8Résumé |
Introduction |
La pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR) est une maladie inflammatoire du sujet âgé touchant les ceintures scapulaire et pelvienne. De nombreux diagnostics différentiels comme la spondyloarthrite (SpA) de révélation tardive peuvent présenter un tableau similaire à la PPR et induire en erreur le praticien dans sa prise en charge. Peu d’études se sont intéressées à ces formes de SpA. L’objectif de notre étude était de rechercher des paramètres démographiques, cliniques, biologiques, d’imagerie et de prise en charge thérapeutique initiale pouvant orienter le diagnostic de SpA face à un tableau mimant une PPR.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique portant sur une période de 10 ans ayant analysé les caractéristiques cliniques, biologiques, radiographiques et thérapeutiques de patients ayant un diagnostic de SpA de révélation tardive avec un tableau initial de PPR et suivis dans trois centres hospitaliers normands.
Résultats |
Nous avons pu identifier 49 patients. Vingt-huit (58 %) d’entre eux se sont plaints d’une atteinte articulaire périphérique caractérisée par une atteinte du poignet dans 53 % des cas et par une atteinte des MCP et/ou des IPP dans 39 % des cas. Une cervicalgie a été observée chez 12 (40 %) de nos malades et 31 (65 %) avaient une lombopygalgie. Le délai diagnostique moyen de la SpA était de 33 semaines en sachant que 53 % avaient un diagnostic initial de PPR. Une élévation de la CRP supérieure à 50 mg/L était observée chez 24 (49 %) malades, notamment en cas d’arthrite alors qu’elle était normale ou peu élevée dans 11 cas (22 %). La recherche de l’haplotype HLA-B27 s’est révélée positive chez 14 (33 %) des malades. L’échographie ostéoarticulaire des ceintures a permis de noter chez ces patients des signes respectant les critères ACR/EULAR 2012 de PPR. Des anomalies respectant les critères ASAS 2009 ont pu être identifiées chez 12 patients sur l’IRM du rachis et chez 11 malades sur l’IRM des sacro-iliaques. Le PET-TDM a révélé des signes d’hypermétabolisme chez 12 (24 %) patients. Vingt et un (51 %) malades ont reçu un traitement de 1 re intention par corticoïdes avec un ressenti d’efficacité chez 70 % d’entre eux mais associé pour la plupart à une corticodépendance ( n = 11) alors que les AINS ont montré une amélioration des symptômes chez 26 (72 %) malades. Les anti-TNF ont permis une nette amélioration sur le plan clinique et biologique chez 28 (85 %) de nos patients. Aucun bénéfice du tocilizumab, en règle utilisée avant les anti-TNF n’a été relevé chez ces malades.
Discussion |
Cette étude rétrospective multicentrique a permis d’identifier sur une période de 10 ans 49 patients ayant un diagnostic de SpA de révélation tardive dont le tableau clinique inaugural orientait vers une PPR. Il s’agit de la plus grande file active de patients ayant un tel profil. C’est aussi la première à prendre en compte des données de TEP-TDM dans une telle population.
Conclusion |
Un âge inférieur à 60 ans, une atteinte articulaire périphérique, l’absence d’un syndrome inflammatoire biologique et/ou la réponse limitée aux glucocorticoïdes par voie générale sont des arguments orientant vers une SpA de révélation tardive face à un tableau inaugural mimant une PPR.
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Vol 92 - N° S1
P. A78-A79 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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