Risque d’évènement cardiovasculaire majeur (ECVG) chez les patients initiant un biomédicament pour un psoriasis, un rhumatisme psoriasique et/ou une spondylarthrite ankylosante - 02/12/25
, M. Abboud, L. Hoisnard, E. SbidianRésumé |
Introduction |
Le risque de survenue d’évènements cardiovasculaires majeurs (ECVGs) sous certaines biothérapies communes au psoriasis (PsO), rhumatisme psoriasique (PsA) et spondylarthrite ankylosante (AS) a été évalué à partir de données observationnelles donnant des résultats discordants. L’objectif de notre étude était d’estimer le risque d’ECVG sous inhibiteurs de l’interleukine 12/23 (IL12/23i), IL17i et IL23i, prenant les TNFi comme comparateur actif, à partir des données exhaustives du Système national des données de santé (SNDS).
Matériels et méthodes |
Tous les adultes Pso/PsA/AS, nouveaux utilisateurs (1 an) de biomédicaments entre 07/2016 et le 07/2023 étaient inclus. Le critère de jugement principal (CJP) était la survenue d’un ECVG définis comme tous décès pour cause cardiovasculaire (CV) (CépiDC) et/ou une hospitalisation pour infarctus aigu du myocarde et/ou accident vasculaire cérébral ischémique (ajout des AVC ischémiques transitoires et les angors en analyses de sensibilité). Les patients étaient suivis jusqu’à la survenue du CJP ou censurés au décès ne relevant pas d’une cause CV, à l’initiation d’un autre biomédicament, à la fin de leur séquence du 1 er biomédicament ou au 31/12/2023. A été réalisée un modèle de Cox pondéré par l’inverse du score de propension (IPTW) sur des variables associées au risque CV et ajusté sur la l’indication de traitement et sur l’année de l’initiation ( Fig. 1 ).
Résultats |
Au total 72 291 (46 ± 14 ans, 49 % de femmes [F]) nouveaux utilisateurs de biomédicament étaient inclus : 10,703 sous IL-17i (15 % ; 48 ± 14 ans, 46 % F), 7,952 sous IL-23i (11 % ; 49 ± 15 ans, 39 % F), 5,962 sous IL-12/23i (8 % ; 49 ± 15 ans, 41 % F) et 47,674 sous TNFi (66 % ; 45 ± 14 ans, 53 % F). Plus de 80 % des patients initiant un IL-12/23i ou Il-23i, l’initiait pour un Pso ; 70 % sous TNFi l’initiait pour une AS. Les initiateurs de TNFi étaient plus jeunes et avaient moins de comorbidités notamment moins d’antécédents CV. Au total, 438 (0,6) cas de ECVGs sont survenus au cours du suivi dont 107 (0,1) décès CV. La majorité des hospitalisations pour ECVGs étaient dû à un infarctus aigu du myocarde (62 %). La cause de décès CV la plus fréquente était l’infarctus aigu du myocarde (I21, 12,1 %). En analyse brut, l’ensemble des classes thérapeutiques étaient associées à un risque plus accru de ECVGs comparativement aux TNFi. Après pondération et ajustement, les classes de biomédicament n’étaient plus associés au risque d’ECVGs. En analyse de sous-groupe et de sensibilité, les résultats étaient non significatifs, à l’exception des hommes sous IL17i plus à risque comparativement à ceux sous TNFi ( Fig. 1 ).
Discussion |
Bien que non significatif, un surrisque d’ECVGs ne peut totalement être exclu à partir des résultats de cette étude, notamment pour les IL17i. Les discordances de résultats observées entre les sous-groupes à risque CV versus non à risque interrogent sur le rôle protecteur d’autres médicaments comme les hypolipémiants ou les analogues des GLP1 dans les groupes à risque CV.
Conclusion |
Aucune association entre le type de biomédicament et la survenue d’ECVGs n’a été mise en évidence, cependant la prise en compte des coprescriptions sera nécessaire pour l’interprétation de ces résultats.
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Vol 92 - N° S1
P. A79-A80 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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