Cinétique et facteurs de risque d’apparition des affections immuno-induites musculosquelettiques chez des patients atteints de cancers solides traités par immunothérapie - 02/12/25
, L. Perrot 2, S. Loubiere 3, M. Bertrand 4, E. Daniel 1, F. Duffaud 5, L. Greillier 6, M.A. Richard 7, T. Pham 8, E. Fockens 9Résumé |
Introduction |
La fréquence des événements indésirables immuno-induits (IRAEs) chez les patients traités par inhibiteurs de points de contrôle (ICI) est bien connue, mais leur cinétique reste mal caractérisée. Les atteintes musculosquelettiques (MS) semblent être d’apparition plus tardive mais sont peu documentées, avec des facteurs de risque encore mal établis.
Objectif |
Décrire la cinétique et les facteurs de risque d’apparition des IRAEs MS chez des patients atteints de cancers solides traités par ICI.
Matériels et méthodes |
Cohorte observationnelle rétrospective de 505 patients adultes atteints de cancers solides, traités par mono- ou bi-immunothérapie entre 2013 et 2025. Le critère principal était la cinétique d’apparition des IRAEs, modélisée par un modèle de Markov. Il permet de modéliser l’évolution d’un patient entre différents états de santé dans le temps, en supposant que chaque transition dépend uniquement de l’état actuel, et non des états précédents. Six états exclusifs ont été définis reflétant les trajectoires possibles d’un patient au cours du traitement : absence d’événement, IRAE MS, IRAE non musculosquelettique (non-MS), IRAEs multiples (plusieurs non-MS), IRAEs mixtes (IRAE MS et non-MS) et décès/perdu de vue (PdV). Les cycles représentent des intervalles de temps fixes au cours desquels les patients peuvent changer d’état. À chaque cycle, ils peuvent rester dans le même état ou transiter vers un autre, selon des probabilités définies. Les cycles étaient de 6 semaines, soit l’intervalle moyen entre deux cures d’ICI. Les critères secondaires concernaient l’identification des facteurs de risque d’IRAEs musculosquelettiques et leurs associations avec d’autres atteintes d’organe, qui ont été évalués à l’aide de tests comparatifs usuels (Fisher, Wilcoxon) avec un seuil p < 0,05.
Résultats |
La majorité des patients étaient des hommes, atteints d’un cancer pulmonaire ou dermatologique. Au moins un IRAE est survenu chez 59,2 % des patients, totalisant 533 événements. La prévalence des IRAEs MS était de 13,7 %. Le modèle de Markov a permis d’estimer les probabilités de transition entre états ( Fig. 1 ).
En analyses secondaires, un IMC élevé était associé à un risque accru d’IRAEs musculosquelettiques (OR = 1,08 [1,02–1,17], p = 0,004). Une association significative était également observée entre IRAEs musculosquelettiques et gastro-intestinaux ( p = 0,014).
Conclusion |
Les atteintes musculosquelettiques sont inaugurales dans 9 % des cas. Lorsqu’elles sont inaugurales, elles sont le plus souvent le seul IRAE que le patient fera (90 %), elles ne sont jamais associées à un décès et elles peuvent s’associer dans 10 % des cas à un IRAE non-MS, le plus souvent gastro-entérologique. Le modèle de Markov montre que le type d’événement initial oriente la trajectoire des IRAEs.
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Vol 92 - N° S1
P. A90-A91 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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