Association denosumab et inhibiteurs de checkpoints immunitaires dans le CBNPC métastatique osseux : analyses de réponses parallèles et dissociées - 02/12/25
, N. Stacoffe 2, M. Duruisseaux 3, S. Couraud 4, G. Devouassoux 5, M. Pérol 6, C. Domblides 7, A. Stuani 8, P. Clézardin 9, E. Bonnelye 10, J.B. Pialat 11, N. Girard 12, C. Confavreux 13Résumé |
Introduction |
Les inhibiteurs de checkpoints immunitaires (ICI) ont transformé la prise en charge du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) métastatique. Leur efficacité spécifique sur les métastases osseuses reste incertaine. Le denosumab (DMAB), anticorps monoclonal ciblant RANKL, est largement utilisé pour prévenir les complications osseuses liées aux métastases. L’association d’un ICI au DMAB pourrait renforcer l’efficacité thérapeutique globale et moduler différemment la réponse osseuse et extra-osseuse. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact de l’association ICI + DMAB sur la réponse osseuse et la survie sans progression (SSP) à 6 mois, et caractériser les patients présentant une réponse dissociée entre atteinte osseuse et globale.
Patients et méthodes |
Étude multicentrique rétrospective incluant 61 patients adultes atteints de CBNPC métastatique osseux d’emblée ou en rechute, traités en première ligne par ICI seul ( n = 46) ou ICI + DMAB ( n = 15). Le critère principal était la réponse osseuse selon iRECIST à 6 mois. Les critères secondaires incluaient la réponse globale, la SSP et l’identification des patients présentant une réponse dissociée. Les analyses uni- et multivariées étaient ajustées sur l’âge, le centre, le statut de performance (PS), les métastases cérébrales ou hépatiques et l’usage de corticoïdes.
Résultats |
Une corrélation forte existait entre réponse osseuse et globale (65 % vs 24 %, OR : 5,84, p = 0,0025). Cependant, 17 patients (28 %) présentaient une réponse dissociée : 8 patients répondaient au niveau osseux sans réponse globale, tandis que 9 patients avaient une réponse globale sans réponse osseuse. Ces patients dissociés présentaient plus souvent des caractéristiques défavorables à l’inclusion, telles qu’un nombre élevé de lésions osseuses, un PS > 1, une inflammation biologique (CRP élevée) et la présence de métastases cérébrales ou hépatiques. À 6 mois, la proportion de bonne réponse osseuse (réponse complète, partielle ou stabilité) était de 33 % dans le groupe ICI + DMAB et 39 % dans le groupe ICI seul ( p = 0,77). L’ajout de DMAB ne modifiait pas significativement la probabilité de réponse osseuse (OR : 0,78 [0,18–3,03]). L’association ICI + DMAB était associée à une tendance favorable en termes de SSP, avec une réduction de 55 % du risque de progression ou de décès (HR : 0,45), sans atteindre la significativité statistique ( p = 0,06). Cette tendance suggère un effet bénéfique de la combinaison sur le contrôle global de la maladie.
Discussion |
L’analyse originale des réponses dissociées met en évidence près d’un tiers des patients présentant une évolution hétérogène, avec un profil clinique plus sévère à l’inclusion. Ce sous-groupe pourrait bénéficier d’une attention particulière dans le suivi et la stratification thérapeutique. Par ailleurs, si l’ajout de DMAB n’améliore pas directement la réponse osseuse, la tendance positive observée sur la SSP suggère un intérêt potentiel de la combinaison. Les limites incluent le faible effectif et le déséquilibre de sévérité entre groupes.
Conclusion |
L’association DMAB + ICI dans le CBNPC métastatique osseux n’améliore pas significativement la réponse osseuse mais pourrait favoriser une meilleure survie sans progression. La mise en évidence d’un sous-groupe de patients présentant des réponses dissociées, associés à des caractéristiques cliniques défavorables à baseline, constitue un apport original ouvrant la voie à une personnalisation des stratégies thérapeutiques et à des études prospectives dédiées.
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Vol 92 - N° S1
P. A92-A93 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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