Modifications du schéma de traitement par Lutathera® : analyse des pratiques dans un centre de lutte contre le cancer - 07/12/25
Résumé |
Contexte |
Le 177Lu-oxodotréotide (Lutathera®) est un médicament radiopharmaceutique indiqué notamment dans le traitement de tumeurs neuroendocrines (TNE) gastroentéro-pancréatiques (GEP) inopérables ou métastatiques, surexprimant des récepteurs à la somatostatine. Le schéma thérapeutique (ST) comprend 4 injections de 7,4 GBq espacées de 8 ± 1 semaines. Dans certains cas, notamment en cas de toxicités biologiques, le ST peut être adapté suivant le résumé des caractéristiques du produit (RCP) : administration d’une demi-dose, allongement de l’intervalle entre les doses ou arrêt du traitement. Ces ajustements demeurent peu étudiés dans la littérature, mais peuvent concerner une part notable de patients.
Objectifs |
Analyser la population traitée par Lutathera® dans notre centre et dresser un état des lieux des différentes modifications du ST.
Matériels et méthodes |
Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée entre le 24/05/16 et le 31/10/24, incluant tous les patients ayant reçu au moins une cure de Lutathera®, hors essais cliniques et retraitement. Les données collectées comprenaient les caractéristiques démographiques et biologiques des patients, les informations relatives aux TNE, ainsi que les paramètres biologiques avant chaque administration. Les toxicités biologiques ont été classées selon la version 5.0 des critères du NCI CTCAE.
Résultats |
Sur la période étudiée, 77 patients ont été traités par Lutathera® (H/F = 1,57 ; âge moyen = 68 ans). Parmi eux, 82 % présentaient une TNE GEP et 18 % une TNE sans primitif retrouvé ou à localisation atypique. Une modification du ST a été identifiée chez 24 patients, représentant 38 ajustements. Près d’un ajustement sur 4 ( n = 10) a été attribué à une toxicité, notamment hématologique (anémie : 30 %, thrombopénie : 40 %, neutropénie : 10 %) ou rénale (10 %). Concernant les allongements intercures ( n = 15), 46,7 % étaient liés à des contraintes d’organisation tandis que 26,6 % résultaient de toxicités (13,3 % hématologiques et 13,3 % rénales). Parmi les arrêts de traitement ( n = 13), 53,9 % étaient liés à une toxicité hématologique et 7,7 % à une toxicité rénale. Un cancer intercurrent a été découvert chez deux patients, entraînant un arrêt du traitement. Au total, 65,8 % des modifications du ST observées ( n = 25) ne suivaient pas les recommandations du RCP, incluant des réductions de dose entre 75 % et 90 % au lieu de 50 %, des ajustements pour des toxicités de bas grades, et des allongements intercures pour des raisons organisationnelles.
Discussion/conclusion |
Près d’un tiers des patients étudiés ont présenté des ajustements du ST, surtout dus à des toxicités hématologiques. Il serait intéressant d’identifier des profils-patient à risque de toxicités, ce qui pourrait permettre d’optimiser le traitement et de limiter la survenue d’événements indésirables, améliorant ainsi l’efficacité et la sécurité du Lutathera®.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Lutétium, Médecine nucléaire, Radiothérapie interne vectorisée
Plan
Vol 60 - N° 4
P. e116-e117 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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