Dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) : les recommandations de dépistage sont appliquées mais les critères d’adaptation des doses de 5-fluorouracile (5FU) sont hétérogènes - 07/12/25
, H. Fourniguet, S. Dierickx, F.X. RoseRésumé |
Contexte |
La DPD est l’enzyme clé de la voie métabolique du 5FU, un déficit en DPD est un marqueur de prédiction car il expose à un risque sévère voire létal de la toxicité du 5FU. De plus, le phénotypage par dosage de l’uracilémie [U] est obligatoire selon les recommandations de la Haute Autorité de santé avant toute initiation d’un traitement par fluoropyrimidines.
Objectifs |
L’objectif de cette étude est d’évaluer la mise en œuvre du phénotypage DPD et son influence sur l’adaptation des doses de 5FU ainsi que sur les effets indésirables (EI) observés en 2024.
Matériels et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, des patients ayant reçu du 5FU en 2024, incluant leur statut DPD et leur [U], extraits du logiciel TimeWise®. Une analyse approfondie a été réalisée sur les patients identifiés « extensif limite » ([U] > 15 ng/mL), en se concentrant sur les ajustements de doses effectués lors de leurs 1 res cures et les EI associés. En parallèle, nous avons échantillonné aléatoirement 30 patients non déficitaires ([U] < 15 ng/mL) pour suivre les ajustements. Une concertation a eu lieu avec les oncologues afin de connaître leurs pratiques et leurs critères d’adaptation des doses de 5FU.
Résultats |
Parmi les 274 patients traités par 5FU en 2024, 100 % ont un statut DPD renseigné. Trente ont été identifiés « extensif limite », ils ont tous bénéficié d’une réduction de dose lors de leur première cure hormis un dont l’[U] était à 15,1 ng/mL. Une réduction de 50 % et 75 % de la dose lors de la première cure a été effectuée pour respectivement 53 % et 30 % d’entre eux. Parmi ces 30 patients, 23 ont présenté des EI digestifs (20 % nausées, 43 % diarrhées) et 17 des EI neurologiques (53 % de neuropathies périphériques). Deux patients ont eu des EI nécessitant une diminution supplémentaire des doses initiales. Enfin, 6 ont pu recevoir 100 % de la dose lors des cures suivantes, leur tolérance clinique ayant été jugée satisfaisante. Parmi les non déficitaires, 50 % ont commencé leur cure à 100 %. De ce fait, au-delà de l’[U], les oncologues nous ont rapporté se baser notamment sur l’état clinique, psychologique, la fragilité ressentie, le souhait des patients et les données biologiques du patient pour adapter les doses administrées.
Discussion/Conclusion |
Ces résultats soulignent l’importance du phénotypage DPD pour personnaliser les doses et limiter les toxicités, conformément aux recommandations. Cependant, les critères d’adaptation des doses de 5FU sont hétérogènes et parfois subjectifs.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Chimiothérapie anticancéreuse, Déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase, Fluorouracile
Plan
Vol 60 - N° 4
P. e146 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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