Comparaison des épidémies de chikungunya à La Réunion entre 2005-2006 et 2024-2025 - 21/02/26
, Cécile SAINT-PASTOU TERRIER 2, Lucie TISSANDIER 1, Rodolphe MANAQUIN 1, Muriel VINCENT 3, Marie-Pierre MOITON 4, Anissa DESMOULIN 1, Émilie MOSNIER 1Résumé |
Introduction |
L’épidémie de chikungunya a touché La Réunion à deux reprises: en 2005-2006 et en 2024-2025. Cette présentation compare les deux épisodes sur le plan épidémiologique et en termes d’enjeux de surveillance, de méthodes diagnostiques, de manifestations cliniques, et de prise en charge.
Méthodologie |
Une comparaison des données épidémiologiques et cliniques issues de la littérature relative à l’épidémie de chikungunya à La Réunion de 2005-2006 et des données préliminaires de 2024-2025 a été conduite.
Résultats |
• Surveillance : maintien des indicateurs de surveillance de terrain par le réseau de médecins sentinelles, réseau des médecins hospitaliers et l’ensemble des laboratoires de l’île; création en 2025 d’un comité d’adjudication pour déterminer l’imputabilité les décès en lien avec le chikungunya.
• Épidémiologie : en 2005-2006, ≈ 250 000 cas symptomatique estimés, séroprévalence finale 38 %. En 2024-2025, ≈ 200 000 cas estimés et ≈ 63,5 % de séroprévalence déclarée. Les deux épidémies ont été massives mais brèves.
• Diagnostic : passage d’une confirmation majoritaire par la sérologie IgM (2005-2006) à des PCR triplex incluant la dengue, la leptospirose et chikungunya (2024-2025). L'analyse génomique du virus, montrant une souche circulante différente pour les deux épidémies, mais qui comporte également la mutation E1-A226V conférent une adaptabilité au vecteur Aedes albopictus .
• Clinique : fièvre, arthralgies atteinte cutanée et digestive ainsi que des présentations atypiques déjà décrites en 2005-2006, pour l’épidémie plus récente la forme cutanée était prédominante à la phase initiale.
• Hospitalisations et mortalité : en 2005-2006, 222 cas sévères adultes (65 décès), 25 cas sévères pédiatriques (2 décès) et 44 transmissions maternofœtales. En 2024-2025, 477 hospitalisations, 49 décès et 2 transmissions maternofœtales ont été signalées, mais sans surmortalité globale rapportée à ce stade.
• Thérapeutique : En 2005-2006, mise en place de traitements empiriques par AINS et corticothérapie. En 2024-2025, meilleure prise en charge néonatale et maternofœtale. Mise en place d’une campagne de vaccination. En développement: anticorps monoclonaux, plasma convalescent en perspective.
Conclusion |
L’épidémie 2024-2025, bien que fulgurante, a bénéficié de progrès majeurs en diagnostic, surveillance et organisation des soins, semblant réduire l’impact clinique et la mortalité par rapport à 2005-2006. Nécessité d'évaluer la morbidité liée à cette infection et d'orienter la recherche pour la prise en charge des douleurs chroniques. L’immunité collective élevée rend peu probable une nouvelle vague à court terme, mais la vigilance reste de mise face aux mutations virales et au risque de résurgence à long terme.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S18 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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