Réponse immédiate à Chido : analyse de risques, systèmes ad hoc (y compris Santé mentale) - 21/02/26
, Patrick ROLLAND 1et les membres de la Cellule expertise de Santé publique France. #
Résumé |
Introduction |
En réponse aux importants dommages structurels et sanitaires causés par le cyclone Chido, Santé publique France (SpF) a immédiatement (i) développé des systèmes de surveillance ad hoc, pour pallier la mise hors service de la plupart des dispositifs en place avant le cyclone, et (ii) produit des analyses de risques sanitaires visant à orienter la surveillance, la prise de décision et les premières mesures de santé publique envers la population.
Méthodologie |
La méthodologie utilisée a été adaptée du Rapid risk assesment of acute public health events de l’OMS. Elle s’est appuyée sur l’expertise multidisciplinaire interne à SpF, sur l’expérience de situations sanitaires exceptionnelles similaires, et sur la littérature scientifique. Les risques sanitaires ont été priorisés selon le score attribué par les experts à différentes pathologies transmissibles et non-transmissibles considérées « à risque » suite au cyclone. Ce score représentait, pour chacune des pathologies, le produit de la probabilité de survenue (1 à 5) et de l’impact sur la population et/ou sur le système de soins (1 à 5).
Résultats |
L’analyse des risques de maladies transmissibles a été transmise aux autorités sanitaires 24 h après l’impact de Chido, le 15 décembre 2024. Les plus grands risques étaient les maladies oro-fécales (bactériennes, parasitaires, dues aux rotavirus), la surinfection des blessures, et les infections respiratoires aigües (IRA : grippe et bronchiolites saisonnières). D’autres pathologies étaient aussi pointées : endémiques (typhoïde et leptospirose), vectorielle (chikungunya), tellurique (mélioïdose) cutanées et ORL, ou encore à prévention vaccinale (rougeole, tétanos, diphtérie). L’analyse des risques liés aux maladies non-transmissibles a été transmise le 24 décembre. Les principaux risques concernaient : l’aggravation de la malnutrition et de la déshydratation préexistantes, les plaies et traumatismes, la rupture de soins essentiels aux pathologies chroniques (insuffisance rénale, diabète, hypertension), à la grossesse et aux nouveau-nés, et la santé mentale. Dans les semaines suivantes, les données de surveillance ont accrédité les résultats des analyses de risques. Les blessures, les maladies oro-fécales et cutanées, les décompensations de maladies chroniques et les IRA, étaient les motifs de consultation les plus fréquents aux urgences.
Conclusion |
Déjà difficiles avant, les conditions de vie des plus précaires ont empiré un mois après Chido : l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins, à l’hygiène et à l’assainissement a été dégradé, comme la santé mentale des adultes et des enfants. La surveillance sanitaire doit être renforcée pour une meilleure évaluation de l’impact du cyclone sur les court, moyen et long termes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S25-S26 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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