Parcours de soins oncologique, les évacuations sanitaires et les stratégies d’adaptation locales en Guyane - 21/02/26
Résumé |
Introduction |
La Guyane française, territoire multiculturel et isolé, présente une organisation sanitaire complexe, marquée par une précarité socio-économique importante et une répartition inégale de l’offre de soins. En cancérologie, ces spécificités influencent profondément le parcours de soins des patients, notamment les évacuations sanitaires (EVASAN) vers la métropole.
Méthodologie |
À partir des données institutionnelles (CHU de Guyane, ARS, CGSS), une analyse descriptive a été menée sur la structuration de la cancérologie en Guyane et les flux d’EVASAN pour les cancers diagnostiqués. Les forces, faiblesses et stratégies d’adaptation locales ont été identifiées.
Résultats |
L’incidence annuelle des cancers est estimée à 450–500 nouveaux cas (54 % hommes, 46 % femmes). Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués en Guyane sont, chez les hommes, ceux de la prostate (31,9 %), du côlon-rectum (9,4 %) et du poumon (8,6 %), et chez les femmes, ceux du sein (26,4 %), du col de l’utérus (11,8 %) et du côlon-rectum (8,5 %). On constate une surmortalité notable par rapport à la moyenne nationale (cancer de l’estomac: + 64 % hommes; + 79 % femmes). La sur incidence est marquée pour le cancer gastrique et les leucémies aiguës myéloïdes chez l’homme, ainsi que pour le col utérin et le myélome chez la femme. Malgré un réseau local dynamique (CHU territorial sur trois sites : Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni), la Guyane reste dépourvue de radiothérapie et de médecine nucléaire, entraînant 55,5 % d’EVASAN parmi les patients atteints de cancer (645 transferts/an). Les freins identifiés incluent les contraintes sociales, administratives et culturelles, ainsi que les difficultés d’hébergement et de coordination interrégionale. Des stratégies d’adaptation émergent : chimiothérapies d’attente, médiation culturelle, conciergerie hospitalière, diversification des partenariats et développement de nouvelles filières de soins.
Discussion/Conclusion |
Si la majorité du parcours oncologique peut désormais être assurée localement, l’absence d’infrastructures lourdes (radiothérapie, biologie moléculaire, chirurgie spécialisée) reste un obstacle majeur à une prise en charge complète sur le territoire. Le développement de partenariats structurés et d’équipements adaptés apparaît essentiel pour réduire la dépendance aux EVASAN, améliorer l’équité d’accès aux soins et renforcer l’autonomie sanitaire de la Guyane.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S5 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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