Physiopathologie et traitements de la douleur chronique associée aux affections rhumatologiques - 10/03/26
Chronic pain for rheumatological disorders: Pathophysiology, therapeutics and evidence

Résumé |
La douleur est le premier motif de consultation en orthopédie et en rhumatologie. La plupart des types de douleur peuvent être classés comme des douleurs nociceptives, c’est-à-dire résultant d’une lésion potentielle ou réelle d’un tissu autre que nerveux. Entre 15 et 50 % des individus souffrent de douleurs neuropathiques concomitantes, ou d’une catégorie récemment définie, la douleur nociplastique, c’est-à-dire une douleur qui résulte d’une altération de la nociception malgré l’absence de preuve claire en faveur d’un dommage tissulaire réel ou potentiel responsable de l’activation des nocicepteurs périphériques, ou malgré l’absence de preuve en faveur d’une lésion ou d’une maladie du système somatosensoriel. Il est important de classifier la douleur, car la catégorie influence les décisions thérapeutiques à tous les niveaux de la prise en charge. Bien que différents instruments existent pour faciliter cette classification, c’est généralement le jugement du clinicien qui fait référence. Idéalement, le traitement de la douleur devrait consister en une prise en charge pluridisciplinaire incluant physiothérapie, psychothérapie et thérapies intégratives lorsque c’est pertinent, et pharmacothérapie avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens pour soulager les douleurs mécaniques aiguës, des stabilisateurs de membrane pour la douleur neuropathique et nociplastique ainsi que des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline et des antidépresseurs tricycliques pour tous les types de douleur. En ce qui concerne les interventions non chirurgicales, il existe des données en faveur d’un effet modeste des injections épidurales de corticoïdes à moyen terme, et des données contradictoires sur l’ablation par radiofréquence visant à soulager la douleur facettaire et des articulations sacro-iliaques et la douleur due à la gonarthrose pendant au moins six mois. Douleur et handicap représentant les premiers motifs de chirurgie programmée, le traitement chirurgical devrait être réservé aux cas où les interventions conservatrices ont échoué. Les facteurs de risque d’échec thérapeutique sont les mêmes pour la chirurgie et les traitements conservateurs : important fardeau de la maladie, maladie mentale, prise d’opioïdes, sensibilisation centrale et multiples affections douloureuses comorbides, contrôle insuffisant de la douleur pré et postopératoire et bénéfice secondaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Pain is the leading reason people seek orthopedic and rheumatological care. By definition, most pain can be classified as nociceptive, or pain resulting from non-neural tissue injury or potential injury, with between 15% and 50% of individuals suffering from concomitant neuropathic pain or the newest category of pain, nociplastic pain, defined as “pain arising from altered nociception despite no clear evidence of actual or threatened tissue damage, or of a disease or lesion affecting the somatosensory system.” Pain classification is important because it affects treatment decisions at all levels of care. Although several instruments can assist with classifying treatment, physician designation is the reference standard. The appropriate treatment of pain should ideally involve multidisciplinary care including physical therapy, psychotherapy and integrative therapies when appropriate, and pharmacotherapy with non-steroidal anti-inflammatory drugs for acute, mechanical pain, membrane stabilizers for neuropathic and nociplastic pain, and serotonin-norepinephrine reuptake inhibitors and tricyclic antidepressants for all types of pain. For non-surgical interventions, there is evidence to support a small effect for epidural steroid injections for an intermediate-term duration, and conflicting evidence for radiofrequency ablation to provide at least 6 months of benefit for facet joint pain, knee osteoarthritis, and sacroiliac joint pain. Since pain and disability represent the top reason for elective surgery, it should be reserved for patients who fail conservative interventions. Risk factors for procedural failure are the same as risk factors for conservative treatment failure and include greater disease burden, psychopathology, opioid use, central sensitization and multiple co-morbid pain conditions, poorly controlled preoperative and postoperative pain, and secondary gain.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Douleur chronique, Articulation, Rachis, Genou, Rhumatologie, Orthopédie
Keywords : Chronic pain, Joint, Spine, Knee, Rheumatology, Orthopedics
Plan
| ☆ | Ne pas utiliser, pour citation, la référence française de cet article mais la référence anglaise de Joint Bone Spine avec le DOI ci-dessus. |
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