Épidémiologie et prise en charge des expositions rabiques potentielles à Bobo Dioulasso, Burkina Faso : une approche One Health - 10/03/26
Epidemiology and management of potential rabies exposures in Bobo Dioulasso, Burkina Faso: A One Health approach
, Juliette Tranchot-Diallo a, b, Madi Savadogo c, d, e, #, Nongodo Firmin Kaboré b, #, Anselme Millogo f, Thérèse Kagoné b, Abdoul-Salam Ouédraogo a, b, Mwinonè Hervé Hien b, Jacques Zoungrana fPoints forts |
• | La rage reste un problème majeur en termes de santé publique au Burkina Faso, avec des décès humains annuels et un risque croissant de transmission inter-espèces. |
• | L’étude combine des données humaines (Centre de traitement antirabique - CTAR) et animales (cliniques vétérinaires publiques et privées), soulignant l’importance d’une collaboration multisectorielle à travers une approche One Health . |
• | Les données épidémiologiques sont robustes: on compte 5 456 cas d’exposition potentielle recensés sur 3 ans (2021-2023), ce qui permet une analyse fine des tendances. L’incidence est élevée, avec 184,38 cas pour 100 000 habitants, et des zones périphériques de la ville plus touchées, et la population est majoritairement jeune (52,4 % des cas chez les moins de 15 ans). On observe une prédominance urbaine (95,7 %), suggérant l’absence de recours en cas d’exposition en milieu rural. |
• | Seulement 21,2 % des patients ont reçu une prophylaxie post-exposition (PPE) complète, indiquant un sous-traitement alarmant. |
• | Les chiens sont les principaux responsables de la transmission (89,72 % des cas), confirmant leur rôle central dans la propagation de la rage. On observe une surveillance vétérinaire partielle : seuls 1 882 animaux ont été mis en observation, majoritairement dans des cliniques privées (50,32 %), ce qui suggère un besoin de renforcement du suivi public. L’étude plaide pour une collaboration renforcée entre secteurs humain, animal et environnemental afin de mieux contrôler la rage, en alignement avec les stratégies mondiales d’élimination de la maladie. |
Highlights |
• | Rabies remains a major public health problem in Burkina Faso, with annual human deaths and a growing risk of interspecies transmission. |
• | The study combines human data (Rabies Treatment Center - CTAR) and animal data (public and private veterinary clinics) highlighting the importance of multi-sector collaboration through a One Health approach. |
• | The epidemiological data are substantial: there have been 5,456 cases of potential exposure recorded over three years (2021-2023), enabling detailed trend analysis. The incidence is high, with 184.38 cases per 100,000 inhabitants, and with suburban areas more affected. The population is predominantly young (52.4% of cases in the under-15 age group). There is a predominance of urban dwellers (95.7%), suggesting lack of consultation in case of rural exposure. |
• | Only 21.2% of patients received full post-exposure prophylaxis (PEP), indicating alarming under-treatment. |
• | Dogs are the main culprits (89.72% of cases), confirming their central role in the spread of rabies. Veterinary surveillance is partial: only 1,882 animals were placed under observation, mostly in private clinics (50.32%), suggesting a need to strengthen public monitoring. The study calls for greater collaboration between the human, animal, and environmental sectors to better control rabies, in line with global strategies for the elimination of the disease. |
Résumé |
Objectif |
La rage constitue une zoonose majeure au Burkina Faso, entraînant une mortalité humaine évitable et un risque accru de transmission entre espèces animales. Cette étude vise à analyser l'incidence des expositions potentielles à la rage et leur prise en charge à Bobo-Dioulasso.
Méthodes |
Une étude transversale a été menée au Centre de Traitement Antirabique (CTAR) et dans cinq structures vétérinaires (publiques et privées) entre janvier et mars 2024. Les données des registres (2021-2023) ont été analysées avec Excel et SPSS.
Résultats |
Sur 5 456 expositions recensées, les victimes étaient principalement masculines (56,6 %), urbaines (95,7 %) et jeunes (moins de 15 ans: 52,4 %). Le délai moyen de consultation après l’exposition était de 3,2 jours. Seulement 21,2 % (1 159 cas) ont reçu une prophylaxie post-exposition complète, contre 78,8 % n'ayant bénéficié que de soins locaux et/ou d'un vaccin antitétanique. Les protocoles de vaccination Essen et Zagreb ont été appliqués. L'incidence annuelle était de 184,38/100 000 habitants, concentrée dans les secteurs périphériques de la ville. Les chiens (89,7 %) et chats (9,5 %) étaient les principaux vecteurs. Sur 1 882 animaux mis en observation, 50,32 % l’ont été à travers des structures vétérinaires privées.
Conclusion |
L'étude révèle une couverture insuffisante de la prophylaxie et une forte dépendance au secteur vétérinaire privé. La persistance du risque rabique, impliquant de multiples espèces et acteurs, nécessite le renforcement urgent des stratégies One Health pour une prévention efficace contre la rage au Burkina Faso.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Objective |
Rabies remains a major public health issue in Burkina Faso, causing preventable human deaths and an increased risk of interspecies transmission. This study aims to analyze the incidence of potential exposure to rabies and its management in Bobo-Dioulasso.
Methods |
A cross-sectional study was conducted at the Rabies Treatment Center (CTAR) and in five public and private veterinary clinics. Data from 2021–2023 were extracted from registries and analyzed using Excel and SPSS.
Results |
Of the 5,456 exposures recorded, most involved males (56.6%), urban residents (95.7%), and children under 15 (52.4%). Only 21.2% (1,159 patients) received complete post-exposure prophylaxis (PEP), while 78.8% received only wound care and/or tetanus vaccination. The Essen or Zagreb vaccination protocols were applied, with an average consultation time of 3.2 days. The annual incidence rate was 184.38 per 100,000 inhabitants, with sectors 29, 24, 17, and 23 being the most affected. Dogs (89.7%) and cats (9.5%) were the main vectors. Of the 1,882 animals placed under observation, 50.32% were treated by private veterinary structures.
Conclusion |
The study reveals insufficient coverage of prophylaxis and a high dependence on the private veterinary sector. The persistence of the rabies risk, involving multiple species and actors, requires the urgent strengthening of One Health strategies for effective prevention in Burkina Faso.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : rage, Burkina Faso, prophylaxie post-exposition, One Health, zoonose
Keywords : rabies, Burkina Faso, post-exposure prophylaxis, One Health, zoonosis
Plan
Vol 5 - N° 1
P. 36-44 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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