Différences de pratiques dans la prise en charge thérapeutique des tics entre la France et le Canada - 25/03/26
, Andréas Hartmann 1, Yulia Worbe 2, Solène Ansquer 3, Olivier Colin 4, Mathieu Anheim 5, Tamara Pringsheim 6Résumé |
Introduction |
Malgré la publication de recommandations internationales sur la prise en charge thérapeutique du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT), nous observons des disparités de pratique entre les pays.
Objectifs |
Décrire les différences de prises en charge thérapeutiques au Canada et en France, et comprendre quels facteurs individuels pourraient les sous-tendre.
Méthodes |
Les patients suivis dans un centre expert SGT à Calgary et en France ont été inclus dans un Registre. Les caractéristiques démographiques, les comorbidités, la sévérité des tics, et les traitements ont été comparés ( t -test, régression logistique). En France, les patients ont été inclus à Paris ( n = 129) (Hartmann, Worbe, Roze, Nilles), Poitiers ( n = 11), Limoges ( n = 7), Strasbourg ( n = 6), Clermont-Ferrand ( n = 5) (Jalenques), Nantes ( n = 5) (Damier), Marseille ( n = 2) (Witjas). À Calgary, 103 patients ont été inclus (Pringsheim, Martino).
Résultats |
Les Canadiens ( n = 103, 39 %) avaient davantage de TDAH ( p = 0,002), étaient davantage traités par alpha-agonistes (17 % vs 0,6 %, OR = 0,03[IC95 % = 0,004–0,2], p = 0,001), psychostimulants (19 % vs 2 %, OR = 0,08[0,02–0,3], p < 0,0001), et toxine botulique (25 % vs 3 %, OR = 0,09[0,03–0,3], p < 0,0001) que les Français. Les Français ( n = 164, 61 %) présentaient un retentissement des tics plus important ( p < 0,05), et étaient davantage traités par neuroleptiques (65 % vs 28 %, OR = 4,8[2,8–8,2], p < 0,0001), et stimulation cérébrale profonde. Il n’y avait pas de différence dans la proportion de patients non traités.
Discussion |
Les molécules choisies différaient au Canada (les alpha-agonistes, volontiers choisis en cas de TDAH, sont en première ligne) et en France (les neuroleptiques, privilégiés en cas de gêne importante, sont les plus utilisés). Compte tenu de son profil efficacité/tolérance, une meilleure formation à l’utilisation de la toxine botulique en France pourrait permettre à plus de patients avec SGT d’en bénéficier.
Conclusion |
Les différences de pratiques par pays pourraient être liées à des facteurs économiques, structurels et culturels. Une réflexion autour de ces différences et leur explication pourrait bénéficier à certains patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Syndrome de Gilles de la Tourette, Tics, Traitement
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Vol 182 - N° S
P. S30 - avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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