Mangue, défense d’en manger - 03/04/26
Résumé |
Prérequis/contexte |
L’allergie à la mangue est rare mais en augmentation: il s’agirait du fruit tropical le plus consommé après la banane.
Objectifs |
Les mécanismes de réactivité croisée deviennent essentiels à comprendre, notamment dans les syndromes d’allergie pollen-aliment.
Méthodes |
Nous rapportons le cas d’un patient militaire de 21 ans, en mission en Afrique, ayant présenté 40 minutes après la consommation d’une mangue et de deux petites bananes (à distance de toute autre ingestion), un érythème diffus, une urticaire du tronc et angiœdème du visage, associé à une gêne respiratoire avec sibilants, une obstruction nasale et rhinorrhée. Seule la forte chaleur ambiante était identifiée comme co-facteur. Les symptômes ont disparu en 4 heures, après la prise de 3 comprimés d’anti-histaminiques. Aucune tryptase per-critique n’a pu être prélevée sur place. Il consommait habituellement banane (reconsommée par la suite) et mangue ainsi que les autres fruits exotiques et apiacées. Il présentait par ailleurs une rhinite allergique symptomatique documentée à l’ambroisie et l’armoisie.
Résultats/discussions |
Le bilan retrouvait: IgE ambroisie 14,40 kU/L (nAmb a 1 8,69 kU/L), armoise commune 5,70 kU/L (nArt v 1 7,12 kU/L; nArt v 3 <0,10 kU/L), IgE banane 0,30 kU/L et mangue: 0,25 kU/L. Pas de sensibilisation aux protéines du latex, hormis profiline (rHev b 8 2,22 kU/L). L’ensemble du tableau a permis de poser le diagnostic d’anaphylaxie de grade II à la mangue, révélant, comme le plus fréquemment retrouvé dans la littérature, un syndrome armoise-apiacées-mangue, via la défensine Artv1. Les défensines sont retrouvées dans les aéro-allergènes, notamment ceux de la famille des astéracées, en particulier l’armoise (Artv1), mais également comme allergènes alimentaires: dans le céleri (Apig7). D’autres allergènes de la mangue ont été décrits, notamment une protéine PR10 like (Man i1), une profiline (Man i3), une chitinase de classe 1 (expliquant des réactions croisées avec le latex).
Conclusion |
Ce cas illustre l’implication des défensines dans le syndrome armoise-apiacés-mangue. Cette réaction croisée a pu être expliquée grâce aux progrès de l’allergologie moléculaire et des recombinants.
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Vol 66 - N° S
Article 104685- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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