Néphropathie cristalline suite à l’utilisation d’un produit de lissage des cheveux (MojahOceanProtein) - 03/04/26
Résumé |
Prérequis/Contexte |
Des cas de néphropathie cristalline survenant après l’utilisation de produits de lissage capillaire contenant de l’acide glyoxylique ont été rapportés dans la littérature.
Objectifs |
Nous rapportons un cas de néphropathie cristalline suite à l’application d’un autre produit lissage capillaire renfermant du bronopol, du méthylchloroisothiazolinone et du méthylisothiazolinone.
Méthodes |
L’étude d’imputabilité a été faite selon la méthode française de Bégaud.
Résultats/Discussions |
L’histoire remonte au 04/08/2025. Le produit de lissage MojahOceanProtein est appliqué. Dix minutes plus tard, la patiente présente des nausées et des vomissements, associés à une sensation de fièvre non chiffrée. Devant l’apparition de douleurs lombaires, elle a reçue 1 g de Perfalgan® (paracétamol) en perfusion. Le lendemain, elle applique de nouveau le même produit. Face à l’aggravation de la symptomatologie, elle se présente aux urgences. Une série d’explorations est demandée, comprenant notamment un avis urologique, qui élimine une cause organique. L’échographie rénale montre des reins de taille normale, sans lithiase ni anomalie parenchymateuse. Devant la présence de brûlures mictionnelles, d’un ébranlement lombaire positif et d’une CRP élevée à 90 mg/L, un ECBU est réalisé, révélant une leucocyturie à 11 000/mm 3 avec culture négative, ce qui permet d’éliminer une origine infectieuse. Le bilan biologique révèle une créatininémie élevée à 557 μmol/L avec une clairance de la créatinine à 7,87 mL/min. Une hospitalisation au service de néphrologie est immédiatement indiquée. La biopsie rénale conclut à une néphropathie cristalline. La patiente est mise sous hémodialyse 1 jour sur 2 avec hyperhydratation. L’évolution est marquée par une régression progressive et lente de sa fonction rénale puis la patiente a été perdue de vue après un transfert d’hospitalisation.
Conclusion |
L’analyse de la composition exacte du produit appliqué chez notre patiente montre qu’il ne contient pas d’acide glyoxylique, mais qu’il renferme du bronopol, capable de libérer du formaldéhyde responsable de néphropathies tubulaires, ainsi que du methylchloroisothiazolinone et du methylisothiazolinone, deux conservateurs connus pour leur potentiel toxique.
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Vol 66 - N° S
Article 104937- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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