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Approche médicojudiciaire pour documenter une violation des règles antidopage impliquant la cocaïne. À propos du champion du monde de super moto - 26/04/26

Doi : 10.1016/j.toxac.2026.03.024 
Pascal Kintz 1, , Morgane Baudry 2, Laurie Gheddar 2
1 X-Pertise Consulting, Mittelhausbergen, France 
2 IML, Strasbourg, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Objectifs

Présenter la stratégie médicojudiciaire pour aider un sportif de haut niveau à expliquer à la Fédération internationale de motocyclisme (FIM) le pourquoi et le comment d’une violation des règles antidopage impliquant la cocaïne.

Méthode

Le sportif est un homme de 30 ans, champion du monde en titre de façon continue depuis 2021. Il est contrôlé en compétition en septembre 2025 vers 19 heures. Ce contrôle urinaire débouche sur un résultat analytique anormal impliquant la cocaïne (11 ng/mL) et la benzoylecgonine (78 ng/mL). La cocaïne fait partie des substances d’abus selon le code mondial antidopage (article 4.2.3) et est inscrite sur la liste (classe S6 a) des stimulants non spécifiés. Ainsi, si la cocaïne est consommée en compétition, la période de suspension est généralement de 2 ans, mais si le sportif peut établir que l’exposition s’est produite hors compétition (la veille, avant 23 h 59) et sans lien avec la performance sportive, la période de suspension peut être ramenée à 3 mois (voire 1 mois si le sportif suit un programme de désintoxication). Le sportif et son avocat ont fait appel à nos services pour démontrer une exposition non-intentionnelle dans un contexte festif, sans lien avec la performance sportive.

Résultats

La situation de « no fault or negligence », qui seule permet l’exonération d’une période d’inéligibilité est très compliquée à faire admettre. Le sportif a reconnu être amateur de fêtes où la cocaïne circule, pouvant exceptionnellement en consommer en charmante compagnie… mais n’avoir jamais utilisé ses propriétés stimulantes en compétition. Pour ses déplacements, il utilise un van où il dort et « partage » sa couchette. Il est possible d’interpréter le résultat urinaire en 2 temps : 1. la dernière exposition date de moins de 12 heures (parce qu’il y a présence de cocaïne parent) et 2. la quantité de cocaïne entrée dans l’organisme est incidentale (parce que la concentration de benzoylecgonine est très faible alors qu’il y a de la cocaïne parent). Une exposition sous 12 heures peut compliquer la notion de consommation hors compétition, d’autant que la concentration urinaire de cocaïne est supérieure à 10 ng/mL, seuil retenu par l’AMA pour considérer qu’il y a eu possiblement consommation en compétition. Restait alors à démontrer un scénario de contamination… Le sportif est venu au laboratoire se faire prélever des cheveux (châtains, 3 cm). L’analyse segmentaire 3 × 1 cm a mis en évidence de la cocaïne (1743–3508 pg/mg), de la benzoylecgonine (719–2587 pg/mg), du cocaethylène (37–166 pg/mg) et de la norcocaïne (53–340 pg/mg), avec une augmentation régulière des concentrations de la racine (segment proximal) vers l’extrémité (segment distal). Ce profil particulier peut signer une contamination environnementale, les cheveux les plus anciens étant les plus exposés. L’analyse d’un drap et d’un dessus d’oreiller utilisés dans le van confirmait, après écouvillonnage par Floqswabs imbibé de méthanol ( n = 8), la présence de cocaïne et de son produit d’hydrolyse.

Conclusion

Sur la base des investigations, il a été soumis à la FIM que le sportif n’avait pas consommé de cocaïne pour améliorer ses performances (exposition incidentale, probablement < 1 mg) et qu’il vivait dans un environnement contaminé (analyse de ses cheveux et de sa literie). La FIM a interrogé un expert dont les arguments ont été confrontés aux nôtres. Au final, l’avocat a trouvé avec la FIM un accord pour les sanctions suivantes : 3 mois de suspension et annulation des résultats depuis la date du contrôle urinaire, ce qui constitue, somme toute, un très bon résultat.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


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