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Complications aiguës en lien avec le chemsex - 26/04/26

Doi : 10.1016/j.toxac.2026.03.033 
Emmanuel Margueritte
 Service de médecine légale – urgences, SMUR, Montpellier, France 

Résumé

Objectifs

La présentation a pour objectif de discuter des complications aiguës liées au chemsex engageant le pronostic vital et nécessitant une prise en charge urgente.

Méthodes

Une revue de la littérature portant sur les principales complications aiguës décrites dans le cadre du chemsex sera présentée. Les propos seront ensuite illustrés avec un cas clinique documenté par les résultats des screenings toxicologiques (par CL-SM/SM) et du dosage de GHB (par CG-SM/SM) effectués sur des prélèvements de sang et d’urine.

Résultats

Les complications aiguës liées au chemsex peuvent engager le pronostic vital et nécessiter une hospitalisation en réanimation (17 % d’une série parisienne de 51 sujets). Les patients concernés sont majoritairement des hommes, le plus souvent dans un contexte de pratiques sexuelles entre hommes [Platteau, Front Public Health 2025;13:1618070]. Les substances le plus fréquemment impliquées sont les cathinones, le GHB/GBL, la métamphétamine, la kétamine, la cocaïne et les poppers [Blanc, Rev Prat 2025;75:75–79]. Les poly-intoxications, définies par l’usage d’au moins deux substances, sont fréquentes, rendant l’identification d’un toxidrome spécifique difficile [Platteau, Front Public Health 2025;13:1618070; Blanc, Rev Prat 2025;75:75–79; Kingsley, Br Paramed J 2024;9:63–73]. Des consommations associées de cannabis, MDMA, benzodiazépines et sildénafil sont également décrites. Les voies d’administration sont multiples: orale, injectée (slam), inhalée, sniffée et parfois intra-rectale. Les complications aiguës peuvent être classées selon la substance impliquée et le type de détresse observé: cardiologique et circulatoire (choc, infarctus, troubles du rythme…), neurologique (coma, convulsions, AVC…), psychiatrique (confusion, hallucinations, pharmacopsychose…) et respiratoire (apnée, dépression respiratoire) [Batisse, Fundam Clin Pharmacol 2022;36:397–404]. Ces données sont illustrées par le cas d’un homme de 32 ans, VIH+, présentant des antécédents de coma et de convulsions en contexte de chemsex. Pris en charge par le SMUR à domicile pour des troubles de la conscience post-session de chemsex, l’examen clinique retrouve un coma profond (score de Glasgow à 3) avec cyanose et désaturation sévère (SaO 2  à 60 %) dans un contexte évocateur d’inhalation pulmonaire sans instabilité hémodynamique. Des traces d’injections récentes sont observées au niveau des avant-bras, des seringues contenant un liquide et une poudre blanche ont été également retrouvées à son domicile. Une intubation orotrachéale est réalisée sur place après induction en séquence rapide. Le patient est hospitalisé en réanimation, extubé à j1, avec une évolution favorable permettant une sortie à j2. Le bilan toxicologique met en évidence une poly-intoxication, avec une concentration de GHB à 137 mg/L dans le sang et 585 mg/L dans l’urine. Le screening urinaire retrouve une cathinone de type MMC sans discrimination possible de l’isomère, ainsi que des métabolites de la cocaïne et du tramadol.

Conclusion

Le chemsex est associé à des complications aiguës potentiellement graves pouvant engager le pronostic vital, le plus souvent dans un contexte de poly-intoxication. Les substances principalement impliquées sont le GHB, les cathinones, la kétamine, la métamphétamine, la cocaïne, les poppers . Les toxidromes sont le plus souvent peu spécifiques et la prise en charge repose sur un traitement symptomatique pouvant nécessiter une hospitalisation en réanimation.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Plan


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Vol 38 - N° 1S

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