La spectrométrie de masse haute résolution comme outil d’optimisation du flux d’analyses au sein d’un laboratoire de toxicologie forensique - 26/04/26
, Jari Rubbens 1, Maria Ramirez Fernandez 1, Vincent Di Fazio 1, Sandrien Desmet 2, Joy Eliaerts 2, Sarah Wille 1Résumé |
Objectifs |
L’utilisation de la spectrométrie de masse haute résolution (SMHR) pour des approches non ciblées est en plein essor depuis plusieurs années. Le marché des NPS en pleine expansion – jusque dans les écoles où des cannabinoïdes de synthèse dilués dans des liquides de vapotage sont consommés –, la quantité croissante d’échantillons à analyser et les délais de rapportage souhaités de plus en plus courts, peuvent nécessiter une réorganisation des flux analytiques afin d’atteindre un plus haut débit, tout en maintenant les niveaux de qualité. Peu de lignes conductrices relatives à la validation de méthodes de screening sans a priori existent. Nous proposons ici une approche basée sur la SMHR que nous avons évaluée et accréditée, et qui est à présent utilisée avec plusieurs banques de données, constituant ainsi le nœud décisionnel du flux analytique au sein de notre laboratoire de toxicologie forensique. Nous souhaitons également confirmer la capacité de notre stratégie à détecter des cannabinoïdes de synthèse.
Méthode |
Les échantillons biologiques sont préparés par précipitation/évaporation/reconstitution avant d’être analysés à l’aide d’un système ULPC (Acquity I-Class, Waters) couplé à un QTOF (G3, Waters). Les banques de données du fournisseur (Waters, Forensic Toxicology Library), externe (HighResNPS) et interne (construite à partir d’objets de saisies) permettent l’identification de composés aussi bien classiques qu’exotiques ou inconnus sur le marché. Les critères d’identification sont essentiellement basés sur la précision de masse (< 5 ppm), le temps de rétention ( < 0,5 min) et l’intensité du signal ( > 3000).
Résultats |
Après avoir confirmé que l’approche LC-SMHR était fiable (99 % composés identifiés), la méthode a été validée et accréditée selon la norme ISO17025. Des limites d’identification (LOI) dans le sang ont été évaluées pour 27 antidépresseurs (1,25–20 ng/mL), 23 composés types cocaïne/opioïdes (0,5–12,5 ng/mL), 27 antipsychotiques (1–25 ng/mL) et 30 benzodiazépines (2–40 ng/mL). Les LOI ont également été déterminées dans l’urine pour la majorité des composés. La méthode s’est avérée robuste (RSD des tests de répétabilité et de précision généralement < 5–8 %), stable (minimum 5 jours post-extraction), avec un effet matrice contrôlé et sans carry-over . La sélectivité est élevée, bien que la distinction d’isomères reste un défi. Nous avons ensuite renversé notre flux analytique basé sur les analyses MRM pour positionner la SMHR comme point de départ. Cela nous permet d’avoir une vue globale quasi immédiate des composés présents dans les échantillons et de pouvoir initier rapidement les analyses confirmatoires MRM strictement nécessaires. Nous avons ainsi réduit de plus de 50 % le nombres d’injections. Même si le sang et l’urine représentent les matrices biologiques de premiers choix, les cheveux, le contenu gastrique, le foie, l’humeur vitrée, la salive, ou divers solides (comprimés, textiles imbibés…) et liquides (liquide de vapotage, boissons…) sont régulièrement analysés hors scope d’accréditation. Les données brutes de chaque acquisition sont traitées avec minimum deux banques de données : celle du fournisseur, et une orientée « NPS/produits exotiques ». Nous évaluons actuellement la capacité d’identification automatisée de cannabinoïdes de synthèse, avec et sans matrice biologique. Une confirmation manuelle est encore parfois nécessaire, via la recherche de fragments spécifiques et/ou de métabolites. Cela nous a déjà permis d’identifier du MDMB-FUBINACA dans du sang dans un contexte de soumission chimique après vapotage.
Conclusion |
Notre approche LC-HRMS accréditée ISO17025 permet une identification fiable, robuste et rapide de composés toxicologiquement relevants dans un contexte forensique. Nous pouvons en effet à présent donner une réponse préliminaire qualitative plus rapide (< 1 semaine) aux magistrats afin d’orienter leur instruction tout en réduisant le nombre d’analyses nécessaires au laboratoire. Les coûts, les délais et la charge de travail sont également mieux contrôlés.
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Vol 38 - N° 1S
P. S40-S41 - mai 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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