Tériparatide et cancer - 02/05/26
Teriparatide and cancer
Résumé |
Le tériparatide, fragment recombinant de la parathormone humaine (PTH 1-34), est un agent anabolique efficace dans le traitement de l’ostéoporose sévère, avec une réduction démontrée du risque fracturaire. Toutefois, son utilisation a été entourée de réserves en raison d’un signal initial d’ostéosarcomes observés chez le rat, conduisant à un encadré de mise en garde et à des contre-indications strictes. Vingt ans de recul clinique n’ont cependant pas confirmé ce risque chez l’humain : les registres de pharmacovigilance et les études de grande ampleur n’ont mis en évidence aucune augmentation d’incidence d’ostéosarcome ou d’autres cancers primaires osseux. La question de l’utilisation du tériparatide en contexte oncologique reste néanmoins sensible. Dans les modèles expérimentaux de métastases osseuses, le tériparatide et l’abaloparatide n’ont pas aggravé la progression tumorale, suggérant un profil de sécurité potentiellement plus rassurant qu’attendu. Toutefois, aucune étude clinique robuste n’a évalué leur usage chez des patients ayant un antécédent de cancer solide ou de métastases osseuses. Concernant les hémopathies malignes, plusieurs données fondamentales indiquent que la PTH stimule l’activité ostéoblastique sans impact direct sur la prolifération myélomateuse. Quelques observations cliniques isolées rapportent un bénéfice du tériparatide, notamment sur l’ostéonécrose des maxillaires, et une petite étude pilote chez des patients atteints de myélome multiple a montré une amélioration significative de la densité osseuse sans signal de tolérance majeur. Pour les gammapathies monoclonales (MGUS), il n’existe pas de données cliniques spécifiques. Dans ce contexte, le principe de précaution reste de mise, mais l’intérêt potentiel du tériparatide mériterait d’être exploré dans des études prospectives ciblées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Teriparatide, a recombinant fragment of human parathyroid hormone (PTH 1-34), is an effective anabolic agent for the treatment of severe osteoporosis, with demonstrated efficacy in reducing fracture risk. Its use, however, has historically been accompanied by concerns following preclinical studies in rats that showed an increased incidence of osteosarcoma, which led to a boxed warning and strict contraindications. After twenty years of clinical use, this risk has not been confirmed in humans: pharmacovigilance registries and large-scale studies have shown no increase in the incidence of osteosarcoma or other primary bone cancers. The use of teriparatide in oncological settings nevertheless remains sensitive. In experimental models of bone metastases, teriparatide and abaloparatide did not worsen tumor progression, suggesting a potentially more reassuring safety profile than initially anticipated. However, no robust clinical study has evaluated their use in patients with a history of solid cancer or bone metastases. Regarding hematologic malignancies, several preclinical data indicate that PTH stimulates osteoblast activity without directly affecting myeloma cell proliferation. A few isolated clinical reports have described potential benefits of teriparatide, particularly in bisphosphonate-related osteonecrosis of the jaw, and a small pilot study in patients with multiple myeloma showed a significant improvement in bone mineral density without major safety concerns. For monoclonal gammopathy of undetermined significance (MGUS), no specific clinical data are available. In this context, a precautionary principle still applies, although the potential interest of teriparatide deserves to be explored in prospective studies.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Analogues de la PTH, Ostéoporose, Cancer, Myélome multiple des os
Keywords : PTH analogues, Osteoporosis, Cancer, Multiple myeloma
Plan
Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

