Lymphomes intracrâniens - 12/05/26

Résumé |
Les lymphomes primitifs du système nerveux central (LPSNC) représentent la majorité des lymphomes intracrâniens primitifs. Ils correspondent aux lymphomes des sites immunoprivilégiés selon la classification de l'Organisation mondiale de la santé et sont histologiquement de type B diffus à grandes cellules. L'immunodépression est le seul facteur de risque connu, mais la maladie survient aujourd'hui essentiellement chez des sujets immunocompétents, avec une incidence en progression dans la population âgée. La maladie se présente généralement par une ou plusieurs lésions intra-axiales qui présentent en imagerie par résonance magnétique (IRM) une prise de contraste intense et homogène volontiers périventriculaire. Ces lésions sont très hypercellulaires, mais peu ou pas hyperperfusées en IRM multimodale. Un taux élevé d'interleukine 10 et la présence d'un gène MYD88 muté dans le liquide cérébrospinal sont fortement associés au diagnostic. Le diagnostic de certitude reste histologique, reposant sur une biopsie cérébrale, ou plus rarement sur une ponction lombaire ou une vitrectomie en cas d'uvéite associée dans 10 à 20 % des cas. Toute corticothérapie doit être évitée dans la mesure du possible avant la biopsie, qu'elle risque de négativer. Le bilan d'extension doit écarter une localisation systémique et rechercher une atteinte méningée et oculaire. Le traitement repose sur une chimiothérapie d'induction à base de méthotrexate à haute dose suivie d'un traitement de consolidation chez les patients aptes à le recevoir, idéalement par une chimiothérapie intensive avec autogreffe de cellules souches périphériques (ACSP). La consolidation par radiothérapie de l'encéphale in toto à dose réduite reste une option alternative en cas de contre-indication à l'ACSP. Chez les sujets âgés, la radiothérapie a été abandonnée en raison du risque majeur de neurotoxicité. Malgré une chimiosensibilité élevée, justifiant un traitement même chez des sujets âgés et handicapés, une rechute survient dans la majorité des cas en l'absence de traitement de consolidation. Il y a toutefois, tous traitements confondus, 30 à 40 % de survivants à long terme chez qui l'on peut espérer une guérison. Le développement de nouveaux traitements actifs dans la maladie, comme le lénalidomide, l'ibrutinib, et les immunothérapies, en particulier les cellules CAR-T, sont porteurs d'espoir. Les localisations secondaires intracrâniennes des lymphomes systémiques sont d'aspect très comparable aux LPSNC et surviennent classiquement alors que le lymphome systémique est déjà connu. Les autres lymphomes intracrâniens, beaucoup plus rares, incluent notamment les lymphomes de bas grade de type MALT ( mucosa-associated lymphoid tissue ), qui miment des méningiomes, ainsi que les lymphomes endovasculaires révélés par des accidents ischémiques répétés ou des tableaux de démence, et dont le diagnostic reste difficile.
Mots-clés : Lymphome primitif du SNC, IL-10, MYD88, Méthotrexate, Neurotoxicité, Chimiothérapie intensive avec autogreffe, Rituximab, Lénalidomide, Ibrutinib, Cellules CAR-T
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